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Au cours du mois d’octobre, on invite les chrétiens à s’intéresser davantage aux problèmes de l’annonce de l’évangile. Dans son message pour la Journée mondiale des missions (dimanche 24 octobre), Benoît XVI souligne que l’humanité est toujours à la recherche de Dieu, de la Parole qui sauve, d’une vie meilleure. St. Jean dit (12, 21) qu’un groupe de Grecs arrivés à Jérusalem, pour le pèlerinage pascal, dirent à l’apôtre Philippe: ‘Nous voulons voir Jésus’. C’était des païens, ils craignaient Dieu et ils désiraient mieux le connaître. «Une requête qui résonne aussi dans notre cœur en ce mois d’octobre, qui nous rappelle que l’engagement et le devoir de l’annonce évangélique concernent toute l’Eglise» écrit le pape. Nous vivons dans un monde toujours plus connecté, mais «qui fait de plus en plus l’expérience de formes de solitude et d’indifférence préoccupantes… Les chrétiens doivent apprendre à offrir des signes d’espérance et à devenir des frères universels, cultivant les grands idéaux qui transforment l’histoire, sans fausses illusions ou peurs inutiles. A s’engager à faire de la planète la maison de tous les peuples…»
Un programme extraordinaire, mais qui est aussi un défi pour chaque génération et chaque culture. Ces derniers temps, on parle beaucoup de la nouvelle évangélisation de l’Europe, un continent au cœur du christianisme, mais qui est en train de devenir une nouvelle terre de mission. On parle de ‘déchristianisation du vieux continent, de la perte des racines chrétiennes, de l’indifférence croissante de ses habitants pour le fait religieux’. Les premiers pays ayant reçu la foi chrétienne vivent une sécularisation de la société, une sorte d’éclipse du sens de Dieu. Même la présence des crucifix dans les lieux publics est contestée. Et pourtant «le christianisme a permis à l’Europe de comprendre ce qu’est la liberté, ce qu’est la responsabilité, et l’éthique qui imprègne ses lois et les structures sociales… Marginaliser le christianisme, jusqu’à exclure les symboles qui le représentent, contribuerait à amputer notre continent de son origine fondamentale qui ne cesse de le nourrir et contribue à sa vraie identité» a dit le pape aux représentants de la Banque de développement du Conseil de l’Europe (10 juin 2010).
Comment évangéliser face à l’indifférence ou au mépris? Ou face à la violence, aux divisions, aux difficultés de vivre ensemble? Des questions qui concernent aussi notre continent et auxquelles Mgr Nicolas Djomo, Evêque de Tshumbe, a donné une réponse, au nom de la Conférence des Evêques du Congo, à la veille des célébrations pour le cinquantenaire de l’indépendance: «Les populations congolaises attendent, au jour le jour, la pacification du pays ainsi qu’une ère de prospérité. Ce que nous vivons aujourd’hui ne correspond nullement au dessein d’amour et de paix de Dieu pour son peuple. Nous le savons, ‘c’est par mépris du Seigneur’, comme le dit l’Ecriture, et de sa volonté de paix, de justice et d’amour capable d’édifier et de consolider la nation congolaise que nous nous retrouvons dans cette situation inacceptable de misère sous toutes ses formes.»
C’est la mission, toujours plus ‘urgente et universelle’. On l’a répété à Edimbourg où, à la conclusion de la Conférence mondiale (10 juin 2010), les 300 délégués représentant 60 pays et les principales confessions chrétiennes (catholique, orthodoxe orientale, anglicane, réformée, luthérienne, évangélique, pentecôtiste, etc.) ont adopté la consigne «from every where to everyone» (de partout et vers chacun), destinée à remplacer celle qu’on avait lancé il y a un siècle: «from the West to the rest» (de l’Occident au reste du monde).
Un monde souvent fatigué de promesses et à la recherche de signes d’espérance. Il y a cent ans, le 26 août 1910, naissait en Macédoine Anjeza Gonxhe Bojaxhiu, connue comme Mère Teresa de Calcutta, Fondatrice de la congrégation des Missionnaires de la charité. Elle passa toute son existence aux côtés des déshérités de la terre, même si elle avait des amis influents parmi les leaders politiques et les artistes. En 1979, gratifiée du Prix Nobel de la paix, elle refusa le traditionnel banquet qui accompagnait la cérémonie et obtint que le montant de r-là, on lui avait demandé: «Que pouvons-nous faire pour promouvoir la paix dans le monde?». Teresa, précise et combative, avait répondu: « Rentrez chez vous et aimez vos familles». Voilà un modèle d’annonce !
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De partout et vers chacun |
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Éditorial |