Le message du Pape Benoît XVI pour la Journée Mondiale des Missions nous invite à vivre la communion entre nous pour que notre témoignage soit crédible. Le dimanche 24 octobre, les communautés chrétiennes du Monde entier ont l’occasion de serrer les rangs et de se présenter comme « sel de la terre et lumière du monde» (Matthieu 5, 13-17) de l’humanité tout entière.

 

 «Nous voulons voir Jésus» (Jn 12, 21): c’est la demande d’un groupe de païens dans l’évangile de Jean. Ils se sont adressé à l’apôtre Philippe, qui parlait grec (au temps de Jésus cette langue était l’instrument de communication dans l’ensemble de l’Empire Romain). Voir Jésus, c’est le connaître, le suivre, croire en lui.

La demande est adressée à Philippe, non pas à Jésus directement, comme pour nous faire comprendre que l’accès à Jésus se fait à travers les disciples et donc maintenant à travers l’Eglise. En effet, le Seigneur donne son assentiment à la requête, mais non pas aux « païens », mais à ses apôtres. Ils sont appelés alors à continuer la mission de leur maître. C’est à nous aujourd’hui de continuer cette mission.

Dans le message du Pape Benoît XVI à propos de la Journée Mondiale des Missions 2010, le premier point qui nous est proposé est justement celui de la rencontre avec Jésus et de la découverte que le Dieu de Jésus est un Dieu d’amour. «Dieu est charité» (1Jn 4, 8) et nous avons l’obligation de nous aimer les uns les autres, «puisque l’amour est de Dieu et que quiconque aime, est né de Dieu. Celui qui n’aime pas, n’a pas connu Dieu» (1Jn 4, 7-8). Alors la mission aujourd’hui est un devoir de qui et pour qui ? «L’annonce de l’Evangile est un devoir qui incombe à l’Eglise tout entière, qui est missionnaire de par sa nature» (Ad Gentes, 2), nous indique le Pape.

Dans un monde multiethnique, mais qui est unifié par les moyens techniques, l’expérience de la communion, de la solidarité, de la fraternité est loin d’être un apanage partagé par l’humanité tout entière. Jamais comme actuellement les hommes demandent justice, paix, solidarité… Les disciples de Jésus sont appelés à être en première ligne pour promouvoir des relations humaines authentiques dans des communautés qui acceptent les valeurs évangéliques. Pour être fidèles à leur vocation de disciples appelés et envoyés, les Chrétiens doivent mettre en pratique l’Evangile, faire voir à travers des paroles et des actes que le message de Jésus et son expérience pascale peuvent convertir le cœur des hommes et faire de l’humanité une communauté de frères et de sœurs.

 

‘En heritage’

Dans l’évangile de Matthieu, Jésus nous dit à propos du jugement dernier: «Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges, alors il prendra place sur son trône de gloire. Devant lui seront rassemblés toutes les nations, et il séparera les gens les uns des autres, tout comme le berger sépare les brebis des boucs. Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors le Roi (= Jésus lui-même) dira à ceux de droite: ‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir.’ Alors les justes lui répondront: ‘Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, étranger et de t’accueillir, nu et de te vêtir, malade et prisonnier et de venir te voir ?’ Et le Roi leur fera cette réponse: ‘En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait’… » (Mt 25, 31-40).

Les Chrétiens, depuis toujours, se sont efforcés de mettre en pratique cet enseignement de Jésus. Et cela a produit en Afrique, et dans le Monde entier, une multitude d’initiatives consacrées à la charité et à la promotion humaine. « Il y a actuellement en Afrique 53 Caritas nationales, coordonnées par Caritas Africa, dont le Centre est à Kampala (Ouganda).

Il y a aussi 34 Commissions nationales de Justice et paix et 8 Commissions régionales. Pour ce qui concerne la promotion humaine, il y a la ‘Fondation pour le Sahel’, instituée par Jean Paul II le 22 février 1984 et la Fondation ‘Le Bon Samaritain’, instituée elle aussi par Jean Paul II le 12 février 2002 pour subvenir aux besoins des malades de SIDA. Mais il y a surtout, en Afrique, la présence des centres de santé un peu partout: 1.074 hôpitaux, 5.373 dispensaires, 186 léproseries, 753 maisons d’accueil pour personnes âgées, 979 orphelinats, 1.997 crèches, 1.590 centres de consultation, 2.947 centres de rééducation sociale, 1.279 centres de santé divers.

En plus de la santé physique, l’Eglise s’occupe de l’éducation de la jeunesse dans 12.496 écoles maternelles, 33.263 écoles élémentaires, 9.838 collèges. Dans les Universités ecclésiastiques (facultés de Théologie et de Philosophie), il y a 11.011 étudiants et dans les Universités d’autres disciplines, dirigées par des responsables de l’Eglise Catholique, il y a 76.432 étudiants. Le travail que l’Eglise fait en Afrique, à travers des institutions diverses, est immense» (Afriquespoir n°49, janvier 2010, page 25). Etre fidèles à l’enseignement de Jésus et aussi obéir à son commandement: tel est le devoir de tout chrétien. «Allez donc, de toutes les nations faites des disciples» (Mt 28, 19). Benoît XVI nous invite à vivre le dynamisme de la Mission. En effet l’engagement missionnaire est un signe de la vitalité des communautés chrétiennes.

 

‘Presque illimitée’

Et actuellement, dans un Monde qui est devenu un seul village grâce à la technique et aux moyens de communication sociale, nous devons utiliser tous les médias pour diffuser l’Evangile.

Dans le message de Benoît XVI à l’occasion de la 44ème Journée mondiale des communications sociales 2010, il affirme: «Les moyens modernes de communications font partie depuis fort longtemps des moyens ordinaires utilisés par les communautés ecclésiales pour s’exprimer dans les limites de leur propre territoire et pour instaurer, très souvent, des formes d’échange à plus large échelle, mais leur récente expansion et leur considérable influence en rend toujours plus important et utile l’usage dans le ministère sacerdotal». Le Pape s’adressait particulièrement aux prêtres, célébrant, cette année pastorale 2009-2010, l’année du Sacerdoce. Mais ce discours vaut pour tout disciple de Jésus qui veut obéir au commandement du Maître et annoncer l’Evangile avec tous les moyens à disposition. «Le devoir primordial du prêtre – continue Benoît XVI, - est d’annoncer le Christ, la Parole de Dieu faite chair». Cette annonce doit se faire par «les voies de communication ouvertes par les conquêtes technologiques».

Le Monde moderne nous met à disposition des moyens qui offrent une capacité d’expression presque illimitée. Annoncer l’Evangile à travers la Radio, la Télévision, à travers Internet dans toutes ses modalités, Blog, Twitter, sites Web et Facebook compris, doit devenir une activité ordinaire de tous les Chrétiens. Saint Paul, modèle de tout missionnaire, écrit ceci à propos de la Mission, qu’il définit comme le Mystère du Christ: «Ce Mystère n’avait pas été communiqué aux hommes des temps passés comme il vient d’être révélé maintenant à ses saints apôtres et prophètes dans l’Esprit; les païens sont admis au même héritage, membres du même Corps, bénéficiaires de la même Promesse, dans le Christ Jésus, par le moyen de l’Evangile. Et de cet Evangile je suis devenu ministre par le don de la grâce…» (Ep 3, 5-7).

La Mission est une tâche de tout Chrétien, sur le modèle de saint Paul. Comme le dit Benoît XVI à la fin de son Message: l’annonce de l’Evangile est la réalisation du projet de Dieu, qui veut «que le genre humain tout entier constitue un seul peuple de Dieu, se rassemble dans le corps unique du Christ, soit construit en un seul temple du Saint-Esprit» (‘Ad Gentes’, 7).

Tonino Falaguasta Nyabenda

A toute la famille humaine

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