Lors de sa visite en Espagne, le mois de novembre dernier, Benoît XVI a rappelé que nous vivons dans une « époque où l’homme prétend édifier sa vie en tournant le dos à Dieu, comme s’il n’avait plus rien à lui dire». Des mots répercutant sans doute le message donné officiellement, le mois précédant, à toutes les Eglises d’Europe et du reste de la chrétienté: il y a des «régions presque totalement déchristianisées, et la lumière de la foi ne brille plus que dans les petites communautés».

Un constat qui a provoqué des réactions très variées: le Pape exagère, le Pape veut lancer une nouvelle croisade, il y a des problèmes plus importants… Car après tout, on vit avec l’impression que certaines valeurs de l’Evangile sont maintenant patrimoine commun et, du moins en théorie, accepté par tout le monde: qui dit maintenant qu’il veut la guerre? Personne! Qui aurait le courage de proclamer qu’on peut employer la violence sur les êtres humains, tuer n’importe qui, abuser d’un enfant ou d’une femme, tuer les vieux considérés comme inutiles? Personne! Qui souhaite l’injustice sociale et l’oppression des pauvres? Personne ou, au moins, personne ne le dit!

           Voilà un signe que la culture commune des peuples européens et d’un bon nombre d’autres peuples, a métabolisé certaines «valeurs évangéliques». Mais - l’expérience de tous les jours le confirme - rien n’est automatique. La tentation de faire le contraire est toujours là, rendue acceptable ou même attrayante par des raisons les plus diverses.

C’est la possibilité de faire le mal et pour ne pas y tomber on doit invoquer l’aide de Dieu. Il faut connaître ce que Dieu nous a dit et continue de nous dire. Dans le brouhaha quotidien il est souvent difficile de se mettre à l’écoute d’un message qui a traversé les siècles et est arrivé jusqu’à nous. Le Pape le souligne dans l’exhortation apostolique post-synodale publiée en novembre dernier. La Parole de Dieu «dénonce sans ambiguïté les injustices et promeut la solidarité et l’égalité». Elle est la source pour renouveler l’engagement en faveur de la justice, de la paix, de la réconciliation, de la préservation de l’environnement.

C’est pour cela qu’elle peut gêner. A tel point qu’on n’arrive pas seulement à nier l’existence de Dieu, mais à nous croire tellement solides dans notre capacité d’éviter le mal et faire le bien, que nous n’avons pas besoin de Dieu.

Le danger de l’illusion est derrière la porte. Le cardinal Juan Luis Cipriani, archevêque de Lima (Pérou), a dit récemment: «Ou l’on choisit Dieu - l’honnêteté, les dix commandements, la vérité, la famille, la vie, la générosité, la justice, la dignité et l’honneur - ou l’on se fabrique des dieux - le dieu de l’argent, du pouvoir, de la faim, du sexe, de la drogue.»

           Chaque année, janvier nous rappelle deux rendez-vous importants. D’abord celui de la Journée Mondiale de la Paix qui, depuis 1968, se célèbre le 1er du mois. Celui de la paix est toujours un thème d’actualité. Entre 1950 et 2010 il y a eu dans le monde une soixantaine de conflits, dont plusieurs ne sont pas encore finis.

Dans l’article «Tu ne tueras point», Afriquespoir résume les conclusions d’un livre du savant américain, Glenn D. Paige: il faut que le 5è commandement du Sinaï devienne ‘une nouvelle science politique globale’: «Chaque individu a le droit de ne pas être tué et la responsabilité de ne pas tuer les autres»: voilà un principe qu’il faudrait introduire dans la Déclaration universelle des droits humains (1948).

Dans son message pour cette Journée «Liberté religieuse, chemin vers la paix», le Pape rappelle que dans le monde nombreuses sont encore des formes de limitation ou de négation de la liberté religieuse, jusqu’à la persécution et à la violence contre les minorités. Comment oublier, en particulier, les communautés chrétiennes du Moyen Orient, de l’Inde, etc.?

Janvier est aussi le mois de l’œcuménisme. Prière et dialogue restent le parcours obligatoire pour que les anciennes divisions disparaissent et qu’on n’en créé pas de nouvelles!                           

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Personne ne le dit!

Éditorial

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