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Non à la bombe atomique |
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C’était avec l’approbation du Traité de Pelindaba, le 15 juillet 2009, que les pays d’Afriques avaient dit non aux armes nucléaires. Pelindaba, nom d’une localité située à une trentaine de km de Johannesburg, vient de l’expression zouloue phelile indaba qui peut se traduire ‘la discussion est réglée’ ou ‘l’incident est clos’. Mais sur le nucléaire civil, les 53 pays sont divisés. Surtout parce que pour de nombreux pays industrialisés l’uranium (l’Afrique en a) est une ressource à laquelle on ne peut pas renoncer.
L’histoire des liens entre les armes nucléaires et l’Afrique a commencé en 1942. Ce fut dans notre continent qu’on trouva l’uranium utilisé pour les bombes atomiques qui détruisirent Hiroshima et Nagasaki. Par après, il y eut les essais nucléaires français dans le Sahara et le ‘programme d’armes nucléaires en Afrique du Sud pendant l’apartheid’ et les activités secrètes de la Libye. En 2009 est entré en vigueur le Traité de Pelindaba, du nom de la centrale nucléaire mise au point par le gouvernement de la minorité blanche sud-africaine, après démantelée. Tous les Etats africains ont approuvé l’interdiction des armes nucléaires sur le continent. Un accord qui revêt une importante signification politique et qui renvoie à de nombreuses implications stratégiques.
Un plan d’action Le Traité de Pelindaba (appelé TNP = Traité de Non Prolifération), en fait, est un accord qui marque un changement radical: l’Afrique adopte une position forte contre les armes nucléaires et le trafic illicite de matières radioactives. « Nous voulons que cette ressource que nous tenons de Dieu ne soit utilisée qu’à des fins pacifiques », avait déclaré lors de l’entrée en vigueur du TNP le Premier ministre namibien Nahas Angula. La coopération en matière de sécurité nucléaire est entrée dans les stratégies des États africains. Des choix reconfirmés à la Conférence qui s’est tenue à New York en mai 2010 et qui se fixait le but de réexaminer le problème des armes nucléaires: la prolifération nucléaire est un problème politique qui doit être résolu avec des moyens politiques. Les représentants d’une cinquantaine de pays présents à la Conférence ont adopté un plan d’action qui prévoit l’adoption de nombreuses mesures. La prochaine Conférence aura lieu en 2015. Il est évident que la situation évolue. Voit le jour une prise de conscience qu’un refus total du nucléaire pourrait éloigner la solution d’autres grand problèmes: la lutte contre la pauvreté, l’engagement pour une meilleure éducation et assistance sanitaire, la lutte contre le sida, la lutte contre le trafic illégal d’armes légères, la répression de la corruption, la prévention des guerres civiles et la protection des droits de l’homme.
Les défenses L’Afrique est mal équipée pour se défendre contre les risques de la prolifération nucléaire, qui exigent des normes très strictes pour la gestion des mines d’uranium et le contrôle des déchets radioactifs, la surveillance du territoire et du trafic des navires. Par exemple, les Etats africains sont de plus en plus obligés d’intervenir pour la protection des mers contre les décharges illégales de déchets toxiques et radioactifs. Un problème loin d’être résolu. L’Afrique a besoin de s’engager pour réglementer l’exportation de l’uranium, dans le respect des critères du TNP (dans les art. 8 et 9 on parle de «promouvoir les activités nucléaires pacifiques et vérifier leur utilisation pacifique») et des garanties prévues par l’Agence internationale pour l’énergie atomique: après tout, l’approvisionnement en uranium est le parcours nécessaire pour préparer des armes nucléaires. A la Conférence du réexamen du TNP, à New York, étaient présents l’Afrique du Sud, Maroc, Egypte, Niger, Nigéria, Algérie et Libye. Ils y sont arrivés apportant une grande variété de positions et d’attitudes. Surtout entre les pays de l’Afrique du Nord et ceux de l’Afrique sub-saharienne. L’Europe, ou plutôt l’Union européenne, dans l’exploitation de l’énergie nucléaire se présente avec une variété remarquable: il y a des États dotés d’armes nucléaires; il y a des alliances militaires basées sur les armes nucléaires; des États refusant la présence d’armes nucléaires; des États libres ou dépendant du nucléaire commercial. Une réalité très liée au passé, complexe, avec des problèmes hérités du 20ème siècle. Le continent africain, au contraire, se révèle intéressant par rapport aux problèmes de l’avenir et de la recherche de solutions du 21e siècle. L’Afrique, avec le Traité de Pelindaba a dit ‘non’ aux armes nucléaires. Mais elle dispose de grands gisements d’uranium connus ou pressentis, qui attirent les convoitises des gouvernements étrangers et des multinationales. L’Afrique, compte tenu de ses ressources financières limitées, est en face d’un choix difficile à faire, entre l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables (solaire, éolienne, etc.) dont on parle beaucoup et dont rêvent les défenseurs de l’environnement. Dans le secteur de la production d’énergie électrique tirée du nucléaire, notre continent a une longue route à parcourir. Mais on est devant un marché nouveau et la société civile n’est pas encore en condition de contrôler les activités des gouvernements et des multinationales du nucléaire commercial. L’Afrique a besoin d’énergie, mais elle n’a pas encore fait ses choix. Plusieurs politiciens et gouvernements sont fascinés par le prestige et les promesses de l’énergie nucléaire. Alors que scientifiques, économistes et experts de l’énergie rappellent qu’il peut y avoir aussi un futur dans l’énergie non-nucléaire.
En ligne A la Conférence du TNP, au centre des discussions, il y a eu le contrôle et l’utilisation des ressources nucléaires, leurs coûts économiques, la possibilité de financements et des collaborations, surtout avec des pays disposés à accorder rapidement des droits d’excavation en échange de projets de centrales nucléaires à construire vers les années 2020. La France, notamment, y croit beaucoup et est prête à offrir de l’aide. D’autres pays (Corée du Sud, le Japon, l’Afrique du Sud, la Russie, le Brésil, la Chine et l’Iran) sont en ligne pour se tailler leur part dans ce business. Les choix de la Conférence américaine et les positions des gouvernements africains pourront marquer le début d’un processus qui, dans une vingtaine d’années, verra dans le continent africain de nombreuses centrales nucléaires. Pour l’instant, au-delà des positions autonomes de l’Afrique du Sud et de l’Égypte, on ne voit pas une stratégie claire et cohérente pour les autres pays du continent. L’option nucléaire à des fins pacifiques, droit légitime des États qui respectent le TNP, ne manque pas de présenter des aspects critiquables. Alors que des multinationales et certains gouvernements font pression pour une renaissance du nucléaire, il ne faut par fermer les yeux. Il y a une mondialisation en cours favorable au nucléaire où les avantages seront sans doute accompagnés par l’augmentation des risques de prolifération d’armes nucléaires. Des observateurs ont remarqué que si les gouvernements africains ne seront pas en mesure de gérer la situation, il y aura le risque d’un néo-colonialisme nucléaire. Il suffit de voir ce qu’ont fait et font les conflits liés aux ressources comme le pétrole et le gaz. N. Y.
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