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De nos jours personne ne peut nier la présence de l’Islam en Europe, grâce à l’immigration et à la prolificité des familles musulmanes. Une réalité qui encourage les réflexions et les questions les plus diverses et qui se présente aussi comme un ‘défis’ pour les chrétiens. Une opportunité, donc, pour mieux connaître son histoire et son message.
Une histoire complexe et intéressante. Les Musulmans formèrent, déjà du vivant de leur fondateur, une communauté à la fois religieuse et politique. Mahomet à la fois un prophète et homme de guerre, en était le chef suprême et, après sa disparition, ce seront les Califes, les successeurs légitimes, a en avoir l’autorité sur la société musulmane (= Umma, en arabe). La terre appartient à «Allah» (= Dieu, en arabe) et tous ses habitants doivent le reconnaître. Comment y arriver? Par le Djihad (= effort suprême), c’est-à-dire la guerre pour propager et défendre l’islam.
‘Rendez donc à César’ Des données qui permettent, sans doute, une première comparaison avec l’héritage chrétien. Jésus avait clairement parlé à propos des rapports entre politique et religieux. Une vision qui mérite d’être étudiée et qu’on ne trouve pas dans le Coran. Les Pharisiens « lui (à Jésus) envoient leurs disciples, accompagnés des Hérodiens, pour lui dire: ‘Maître, nous savons que tu es véridique et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité sans te préoccuper de qui que ce soit, car tu ne regardes pas au rang des personnes. Dis-nous donc ton avis: Est-il permis ou non de payer l’impôt à César?’ Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta: ‘Hypocrites! Pourquoi me tendez-vous un piège? Faites-moi voir l’argent de l’impôt’. Ils lui présentèrent un denier et il leur dit: ‘De qui est l’effigie que voici? Et l’inscription?’ Ils disent: ‘De César’. Alors il leur dit: ‘Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu’. » (Matthieu 22, 16-21). L’enseignement de Jésus est très fort. En effet la seule image de Dieu que la Bible nous propose et qui est donc possible est l’homme vivant, libre et aimant Dieu et ses frères. Pour cette raison le Chrétien est contre le pouvoir absolu, parce que cela empêche de vivre comme enfants de Dieu et frères entre nous. Pendant les premiers siècles le Christianisme se répandit comme une religion des opprimés, qui expérimentaient la libération à travers la Pâque du Seigneur Jésus. Mais avec la conversion de l’empereur Constantin le Grand (en 313 après Jésus Christ, avec l’édit de Milan), le Christianisme, déjà bien présent dans l’Asie Mineur et l’Afrique du Nord (vers l’an 400 l’Afrique du Nord comptait plus de 300 diocèses), se propagera dans plusieurs pays d’Europe, jusqu’à créer une société chrétienne, où il y aura toujours des rapports difficiles entre «regnum» (= pouvoir politique) et «sacerdotium» (= autorité de l’Eglise).
Le rêve de la conquête En partant de l’Arabie, les Musulmans s’adonnèrent au «djihad», à la conquête du «dar al-harb » (territoire de la guerre). Profitant de la faiblesse de l’Empire Romain d’Orient et des divisions qui existaient entre les communautés chrétiennes, ils ont réussi à s’emparer du Moyen Orient, de l’Afrique du Nord et de l’Espagne. A la mort de Mahomet, en 632, la péninsule arabique était sous le contrôle des Musulmans. En 638 ils prennent possession de Jérusalem. En 711 toute l’Afrique du nord était soumise. La même année, Julien, qui s’opposait à son beau frère le roi d’Espagne Rodéric, fait appel à des troupes musulmanes, qui commencent la conquête de la péninsule ibérique. Elles sont stoppées en 732 à Poitiers (France) par les Francs guidés par le roi Charles Martel. En Espagne la «reconquista » (= reconquête) prend de plus en plus de l’ampleur. En 1492 la péninsule ibérique est complètement libérée des Musulmans dominateurs, sous la houlette du Roi Ferdinand d’Aragon et de sa femme Isabelle la Catholique. Dans l’est de l’Europe, précisément dans les Balkans, les Musulmans s’emparent de Constantinople, en mettant fin à l’Empire Romain d’Orient, en 1453. De 1460 à 1468, ils prennent possession de la Grèce, de la Bosnie, de l’Herzégovine et de l’Albanie. Une invasion militaire et un projet d’islamisation apparemment difficiles à arrêter. Trois faits militaires d’une grande importance stopperont l’avancée de l’Islam en Europe et affaibliront la puissance militaire et politique de l’Empire Ottoman qui s’était constitué sur les anciens domaines de l’Empire Romain d’Orient. La bataille de Lépante (7 octobre 1571), dans le golfe de Patras, en Grèce. D’un côté il y avait les Etats de la Sainte Ligue (= Espagne, la République de Venise, Gênes, Savoie, Etats Pontificaux et l’ordre de Saint Jean de Jérusalem) avec 220 navires, et de l’autre il y avait les Turcs Ottomans avec 300 navires. La victoire des troupes chrétiennes a été écrasante, grâce surtout aux «galéasses» vénitiennes (= une espèce de super navires armés de 60 bouches de canon chacun). Un second événement s’est produit le 12 septembre 1683, avec la bataille et la libération de Vienne. L’empereur Léopold I, appuyé par le Pape Innocent I, sollicita l’appui des tous les états européens, catholiques et protestants, pour repousser cette nouvelle invasion musulmane. Nonobstant le refus de la France du Roi Soleil, Louis XIV, allié des Ottomans, les puissances européennes réussissent à libérer Vienne, grâce surtout au roi polonais Jean Sobieski, et à chasser les Ottomans, commandés par Kara Moustapha et le sultan Mehemet IV. Le projet de construire une « grande Turquie européenne et musulmane » tomba à l’eau. Troisième événement: le siège de Belgrade et sa libération, le 17 août 1717. Les Turcs sont mis en fuite. A partir de ce moment, l’Empire Ottoman ne constituera plus un danger pour l’Europe.
La progression Mais actuellement, même si le danger d’une invasion politique et militaire est écarté, l’islamisation de l’Europe est-elle envisagée? Au milieu des années 80, l’ancien guide spirituel du Hezbollah, Hussein Moussaoui, déclarait: «Vous Français, vous ne connaîtrez peut-être pas dans votre génération la République islamique de France. Mais, c’est sûr, vos petits-fils ou encore vos arrière-petits-fils la connaîtront. Car l’Islam c’est bon pour tout le monde ». De nos jours personne ne peut nier la présence de l’Islam en Europe, grâce à l’immigration et à la prolificité des familles musulmanes. Dans les années 70, Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante en 1963, disait: « L’Europe sera musulmane, grâce au ventre de nos femmes!». En effet l’Islam est déjà la deuxième religion de l’Europe, après le Christianisme. Selon les statistiques, il y aurait en Europe, sur une population totale de 825 millions d’habitants, 32 millions de Musulmans, dont 4 millions en France, le pays européen le plus islamisé. La progression de l’Islam ne fait plus de doutes. Et les Etats islamistes (= Arabie Saoudite, Pakistan, Iran) et les Organisations comme la Ligue Arabe, la Ligue Islamique Mondiale ou la Conférence Islamique (liées aux pétromonarchies) exercent des pressions de plus en plus fortes sur les Gouvernements et Institutions européens pour favoriser les Musulmans et instituer certaines dispositions de la Charia (= loi islamique).
«La seule religion» Cette « ingérence » dans le politique n’a rien d’étonnant, car l’Islam est une religion «politique » considérant la société musulmane (= Umma) comme la «meilleure société suscitée parmi les hommes», d’après le Coran (Sourate 3, verset 103). Mgr. Raboula Antoine Beylouni, évêque de Curie d’Antioche des Syriens (Liban) a fait une intervention remarquable, lors du dernier Synode des Evêques, tenu à Rome du 10 au 24 octobre 2010. Entre autres il a dit: «Le Coran inculque au Musulman la fierté d’avoir la seule religion vraie et complète, religion enseignée par le plus grand prophète, car il est le dernier venu. Le Musulman fait partie de la nation privilégiée, et parle la langue de Dieu, la langue du Paradis, la langue arabe. C’est pourquoi il vient au dialogue avec cette supériorité et avec l’assurance d’être du coté juste. Le Coran, supposé écrit par Dieu lui-même d’un bout à l’autre, donne la même valeur à tout ce qui y est écrit: le dogme comme n’importe quelle loi ou pratique. Dans le Coran il n’y a pas d’égalité entre l’homme et la femme, ni dans le mariage lui-même, où l’homme peut prendre plusieurs femmes et en divorcer à sa guise… Le Coran permet au Musulman de cacher la vérité au Chrétien et de parler et agir contrairement à ce qu’il pense et croit… Le Coran donne au Musulman le pouvoir de juger les Chrétiens et de les tuer par le djihad (= guerre sainte). Il ordonne d’imposer la religion par la force, par l’épée. L’histoire des invasions en est le témoin ». Mais actuellement l’invasion de l’Europe ne se fait plus par la guerre de conquête, mais par l’immigration et les investissements des énormes bénéfices du pétrole (75% des réserves mondiales de pétrole se trouvent dans les pays musulmans du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord). Est-ce que les Musulmans en Europe sont capables de vivre dans une société laïcisée et donc non musulmane? Un petit nombre oui, mais la majorité vit dans des ghettos, selon un projet politique de certains courants totalitaires de l’Islam.
«Empare-toi» Ce projet, qui veut arriver à l’islamisation de l’Europe, vise à empêcher l’intégration des Musulmans et à édifier des « ghettos volontaires ». Et grâce à ces minorités embrigadées, arriver à conquérir l’Europe et l’Occident. C’est toujours la stratégie de Lenine Vladimir (1870-1924), homme politique russe et fondateur de l’URSS, qui disait: «Empare-toi de l’Europe et tu auras le Monde à tes pieds». Lors du dernier Synode des Evêques pour les Eglises du Moyen Orient, les Pères Synodaux ont souligné l’importance du dialogue avec les Musulmans. Entre autres ils nous disent: « Il faut promouvoir la notion de citoyenneté, la dignité de la personne humaine, l’égalité des droits et des devoirs et la liberté religieuse comprenant la liberté du culte et la liberté de conscience… Les Chrétiens du Moyen Orient (et aussi dans le reste du Monde où il y a des Musulmans) sont appelés à poursuivre le dialogue de vie fructueux avec les Musulmans…, mettant de côté tout préjugé négatif…, s’opposant ensemble à tout genre de fondamentalisme et de violence au nom de la religion ». La suggestion de Mgr. Raboula Antoine Beylouni me paraît très pertinente: « Comme le Coran a bien parlé de la Vierge Marie, en insistant sur sa virginité perpétuelle et sa conception miraculeuse et unique en nous donnant le Christ; comme les Musulmans la considèrent beaucoup et demandent son intercession, nous devons recourir à Elle dans tout dialogue et dans toute rencontre avec les Musulmans. Etant la Mère de tous, elle nous guidera dans nos rapports avec les Musulmans pour leur montrer le vrai visage de son Fils Jésus, Rédempteur du genre humain ».
Tonino Falaguasta Nyabenda |
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Islam : Un nouveau défi pour l’Europe. |