Qui suis-je?

Au point de la vie où je me trouve, je ne sais plus qui je suis. Vraiment, un grand dilemme!

Suivez-moi!

Sur la liste de mon boutiquier, je suis un client; au restaurant, où je vais de temps en temps, un fidèle. J’habite dans une maison louée et on m’appelle locataire. Dans un transport, je suis un passager; à la poste, un remettant; au supermarché, un consommateur. Pour mes idées, que je crois correctes, on me considère un têtu.

Pour le bureau des impôts je suis un contribuable; si j’introduis dans le pays une marchandise inconnue ou défendue, je suis un contrebandier; si je revends quelque chose, je suis un fripier, un détaillant. Un grossiste ou demi-grossiste, dans le cas contraire.

Si je place ma tablette au bord de la rue, même devant la porte de ma maison, je suis un informel; si je ne paye pas mes dettes à la date fixée, je suis un débiteur insolvable. A l’heure de voter, je suis un électeur, mais dans les grandes manifestations du parti, je suis masse. Si je réussis au scrutin, je deviens un honorable. Si je voyage, touriste; si je me promène au bord de la route, je suis un piéton; si une voiture m’écrase je suis un accidenté ou une victime et un patient lorsque j’arrive à l’hôpital; si j’achète un journal, je suis un lecteur; si j’aime la radio, je suis un écouteur; un spectateur devant la télé et si je m’intéresse aux résultats du match de l’équipe de ma ville, je suis un fan.

 

Si tu meurs, à toi de choisir: décédé, manqué, disparu, arraché à la vie, parti trop tôt, passé de l’autre côté. Si tu m’aimais et si tu crois en Dieu, tu diras que je suis retourné à la maison du Père. Si tu faisais partie d’un groupe de méditation venu de l’extrême orient, tu seras bientôt réincarné: mais à partir de ce moment là, tu seras tellement déguisé que tu deviendras, finalement, méconnaissable!

LVR

Comme des lucioles

Tout individu qui ne se sent pas suffisamment

réalisé a la tendance à parler mal des autres. Quelle est la raison ultime de ce désir

de parler mal des autres?

 

C’est un complexe d’infériorité doublé d’un sentiment de supériorité.

En diminuant la valeur des autres on a l’illusion agréable d’augmenter notre valeur.

L’immense majorité des hommes n’est pas en condition de mesurer sa propre valeur. On le fait en dévaluant les autres.

Ces gens croient qu’en éteignant les lumières des autres, ils feront briller plus intensément leur propre lumière.

Ils sont comme des lucioles qui ne brillent que la nuit, parce que la lumière de leur lanterne phosphorique est très faible.

 

Qui a assez de lumière n’a pas besoin d’éteindre les lumières des autres pour se faire voir.

Qui a de la valeur réelle, n’a pas besoin de la faire apprécier en dévaluant celle des autres.

Qui a une bonne santé spirituelle n’a pas besoin d’appeler les autres ‘malades’ pour se sentir à l’aise.

Nos rencontres sociales, nos bavardages sont généralement des académies de médisance.

Dire du mal des misères des autres est un plaisir subtil et séduisant, comme le whisky, le gin ou la cocaïne: une personne moralement faible, facilement se laisse prendre.

 

La parole est un outil précieux pour l’échange entre les hommes. Cependant, elle n’est pas toujours utilisée de façon appropriée.

Peu d’hommes utilisent cette ressource précieuse pour construire espérance, éliminer les souffrances et tracer des routes sûres.

On parle beaucoup, comme ça, pour parler, pour «tuer le temps». La parole, très souvent, devient un poignard méchant.

Comme des gouttes de lumière, les bonnes paroles arrivent à gérer les conflits et à résoudre les difficultés.

Par conséquent, les gens intelligents et de bon sens ne doivent pas favoriser la propagation du poison des commérages, qui détruit les individus.

Excusons les faiblesses des autres, en nous rappelant nos propres faiblesses.

Evitons la censure. Que nos mots soient pleins de miséricorde.

Parce que, selon l’Evangile de Luc 6,45: «la bouche parle de ce qui est dans le cœur.»

Rohden Hubert