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Les réactions que par ici par là on enregistre par rapport à ce que le Pape ou les Évêques disent ou écrivent, pourraient nous aider à comprendre pas mal de choses. En Chine, les autorités politiques se permettent, par exemple, de créer des évêques ‘catholiques’ sans l’avis du Pape de Rome. Le Vatican ne peut pas ne pas exprimer son désappointement: des initiatives pareilles, malgré des années de dialogue, « manifestent une attitude que l’on pensait dépassée dans la Chine d’aujourd’hui… infligeant une blessure profonde non seulement à l’Eglise de Chine mais aussi à l’Eglise universelle. Des choses qui nuisent «unilatéralement au dialogue et au climat de confiance qui avait pu être établi dans les rapports avec le gouvernement de la République populaire de Chine.» Réactions de Pékin? Interdiction pour les sites Internet catholiques de faire mention de la nouvelle! De l’autre côté de la planète, au Venezuela, les Évêques affirment que «participer à la vie politique du pays est un droit pour tous, et l’Église vénézuélienne annonce son intention de continuer à exprimer son point de vue. Les évêques ont le droit de prononcer des jugements moraux sur les questions concernant l’ordre politique et les droits fondamentaux de l’homme». Le card. Jorge Urosa s’est attiré les foudres du président Hugo Chavez, qui a répliqué en qualifiant le cardinal de «troglodyte» (terme qui signifie, selon le Petit Robert, ‘peuple sauvage d’Afrique’)! La RDCongo, se prépare aux élections (prévues pour le mois de novembre). Le gouvernement a modifié le code électoral de 2006, et l’élection présidentielle se fera à tour unique. Après avoir rappelé que la Conférence Épiscopale Nationale du Congo «interdit aux ecclésiastiques d’occuper des postes politiques» et que «l’Eglise ne donnera aucune consigne de vote», le Card. Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa, a invité les hommes politiques au respect des textes de la Constitution, en soulignant que «c’est pour affirmer la cohésion de tous que la Constitution prévoit qu’il faut deux tours.» Les réactions ne se sont pas fait attendre. Certains médias ont même affirmé que le prélat est « assurément piégé par l’opposition»! En Tanzanie, avant les élections (octobre 2010), les Évêques avaient diffusé en message qui ne fut pas accueilli trop bien par les forces politiques. Le card. Polycarp Pengo, archevêque de Dar es Salam, l‘a expliqué: «Le message de notre Eglise demande justice. Le mal est très profond. Si un leader offre à une famille une poignée de sous, il est très difficile de résister. La pauvreté est encore trop présente. Il faut du courage pour marcher dans la justice.» Nous sommes, il est vrai, devant des réalités complexes. Au Soudan, avant le referendum du mois de janvier, les Églises soudanaise et de toute l’Afrique (Sceam, Amecea, Ceta, Scc, Conseil œcuménique des Églises) avaient «appelé le gouvernement et la nation pour un vote libre, correct et pacifique.» Rien d’autre. Mais les extrémistes islamistes ont proféré des menaces contre les sudistes chrétiens résidents au Nord, en favorisant la crainte suscitée par les déclarations du président lui-même, qui avait dit que si la sécession l’emportait, un système islamique sans concession serait imposé au Nord. Dans l’impasse qu’a connu la Côte d’Ivoire, le 3 janvier dernier les Évêques ont écrit: «Après plusieurs rencontres avec nos frères Laurent Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara ainsi que les trois chefs d’État envoyés spéciaux de la CEDEAO, nous avons choisi la voie de la médiation et de la négociation parce que respectueuse de la vie et de la dignité de la personne humaine. Que nos deux frères s’engagent à trouver par la voie du dialogue un règlement pacifique du différend afin de ne pas mettre en danger la vie des populations. Qu’ils acceptent de se retrouver pour dialoguer malgré les rancœurs. Cela serait un acte de courage, d’humilité et d’amour pour notre pays.» Difficile à imaginer une vision plus correcte! Certains journaux, cependant, se sont permis de dénoncer: «Par une abondante aspersion d’eau bénite, les évêques de Côte d’Ivoire sont là pour donner un blanc seing absolu à monsieur Laurent Gbagbo pour qu’il continue de confisquer un pouvoir qui n’est plus le sien…»! «Ovationné par les uns qui le poussent même à prendre des responsabilités politiques, calomnié, détesté par les autres, l’Évêque est écartelé constamment. Mais là, il se doit de tenir tête hors de l’eau pour respirer et fixer l’essentiel de sa mission, qui est avant tout d’ordre spirituel…» écrivait le Card. Bernard Agré, Ev. d’Abidjan, le 08.10.2001. Ae |
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Des voix qu’on aimerait… |
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Éditorial |