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Il interpelle |
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Mandaté par le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SECAM), le président de la conférence épiscopale du Congo-Brazzaville, Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala, s’était rendu à Bruxelles, le mois de septembre 2010, plaider pour que l’Union Européenne se dote d’une législation qui exige des entreprises de publier leurs revenus et les versements effectués auprès des Etats où elles mènent leurs activités d’extraction. Enfin, il est parti demander aux Européens qu’ils imposent la transparence à leurs compagnies.
Ces démarches sont l’aboutissement d’un combat entamé depuis le début de la décennie au Congo-Brazzaville par la Commission Justice et Paix de Pointe-Noire. Par la suite, Mgr Portella a réussi à rallier à sa cause, outre le SECAM, 16 ONG européennes, membres de la Coopération internationale pour le développement et la solidarité. Il explique ses motivations: « Le nôtre, c’est un message qui souligne l’urgence de la transparence. Les sources minières sont sources de malédiction, parce qu’on peut dire que partout où il y a des richesses minières et des richesses naturelles, il y a des guerres, il y a la malnutrition et la misère. C’est paradoxal!
- Que faudrait-il faire pour que les ressources minières profitent aux Africains? Je crois que la première démarche à effectuer, c’est la transparence. Il s’agit de savoir les quantités qui seront extraites, ce que les compagnies, étrangères ou nationales qui les exploitent payent à l’Etat et quelle est le montant des recettes de l’Etat. Il faut la transparence à tous les niveaux. C’est ce qui permettra au citoyen et à la société civile de contrôler de manière beaucoup plus précise et de demander des comptes parce qu’il n’y a que cela qui aidera les gouvernants à pallier aux besoins des populations. Pour le moment, ça reste un peu comme une chasse gardée entre les compagnies et les gouvernants.
- Est-ce que les églises qui émettent cette revendication ont rencontré des obstacles auprès des gouvernements ou des compagnies? Au début, quand nous avons engagé ce genre de démarches, bien sûr, il y a eu une sorte de froid de la part des compagnies. Leur réponse était que tout dépendait des Etats et que si l’Etat leur demandait de publier ce qu’elles lui payaient, elles étaient prêtes à le faire. Une autre objection a été exprimée, il n’y a pas longtemps par un responsable français qui nous a dit que les compagnies françaises sont prêtes à jouer le jeu de la transparence. Mais à condition que les autres sociétés, par exemple chinoises ou d’autres pays, puissent jouer le même jeu. C’est comme si on se regardait, on se surveillait, mais personne n’entre dans le jeu.
- Et au Congo, le ministre du pétrole, vous a-t-il reçu? Oui, au Congo-Brazzaville, un pas important a été effectué puisque le Congo a adhéré à l’initiative de la transparence des industries extractives (ITIE). Il y a eu une déclaration du gouvernement en 2004 et après, on a commencé à mettre en exécution ce programme. Il y a actuellement un comité consultatif et un comité exécutif qui sont chargés de vérifier les données, au niveau de la production, des recettes et des paiements, mais il faudrait qu’on aille plus loin.
- Les Européens ne sont plus les seuls à exploiter les mines et les champs pétroliers d’Afrique. Est-ce que vous comptez aller délivrer votre message en Chine, en Inde, au Brésil?... - Oui. En fait personne n’est épargné parce qu’il y va de l’avenir de l’Afrique. Parce que si réellement, cette transparence ne devient pas effective, ce sont des masses d’argent qui sont perdues. C’est un manque à gagner énorme pour les populations du continent africain!
François Misser (Nigrizia)
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