L’actualité est toujours très riche. Des pays en révolte, des catastrophes naturelles, des prix qui montent, des chefs judicieux et respectueux de la constitution et d’autres qui ne démordent pas… Les images qui circulent sur les médias internationaux présentent des gens qui s’affrontent, criant et arborant des affiches pour attirer l’attention de la communauté internationale ; ou qui tirent des coups, pillent des commerces et des maisons…

Si l’on s’en tient à la géographie, il n’y a pas de pays, dans la zone qui va du Maroc au Pakistan, qui ne vive une période de difficultés ou de véritable crise. On parle du ‘printemps’ des pays dans lesquels le pouvoir était indiscutable, et les inégalités, la corruption, les sources d’enrichissement illégales rendaient la vie difficile au peuple. Ce n’est pas l’heure des bilans, tellement la situation est encore instable. En s’immolant par le feu (17 décembre 2010), le Tunisien Mohamed Bouazizi, 26 ans, diplômé, chômeur, marchand de fruits et légumes, est vite devenu un symbole et a allumé, sans le savoir, la mèche d’une contestation politique qui a fait tâche d’huile.

Dans le monde vers lequel nous allons, il y aura toujours plus des gens dont la langue, la culture, la foi, les goûts, la faim, les intérêts peuvent devenir des prétextes pour des conflits. Si on n’arrivera pas à vivre et à travailler ensemble, on peut déjà prévoir beaucoup de victimes sur des nouveaux champs de bataille.

Les pages du dossier central de ce numéro d’Afriquespoir offrent des ‘appuis’ à l’ampleur de ce thème. Qui n’est pas nouveau, mais qui ne vieillit jamais. Le défi du ‘dialogue’ est devant nous.

Les Évêques des pays de l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye), tous confrontés à des évolutions historiques, ont adressé à la communauté internationale un appel en vue de trouver aux nouveaux conflits une solution juste et digne pour tous. Refusant la violence et prônant le dialogue:

«Nous savons que la guerre ne résout rien, et lorsqu'elle se déclenche, elle est aussi incontrôlable qu'une explosion dans un réacteur nucléaire! Les premières victimes sont toujours les plus pauvres et les plus démunis! Par ailleurs, que nous le voulions ou non, la guerre au Proche Orient, et maintenant au Maghreb, sera toujours récupérée comme une «croisade». Et cela retombe inévitablement sur les relations de convivialité que Chrétiens et Musulmans ont tissé et continuent de tisser au quotidien.

L'enjeu d'une médiation diplomatique serait d'aider… sur un chemin de négociation pour qu'on trouve une solution honorable au bénéfice de tous. S'asseoir à une même table, n'est-il pas l'unique chemin à prendre ensemble pour pouvoir retisser des liens qui ont été rompus et recomposer un tissu social qui bannit la revanche et la haine?

Au cœur du conflit dans les pays atteints par la violence, une mobilisation de la diplomatie, fruit d’une volonté de concertation doit se faire pour aider des évolutions qui tiennent compte des aspirations à la liberté et à la citoyenneté responsable.»

C’était dans cette région - les provinces africaines étaient menacées par les Vandales - qu’au début du 5è siècle, saint Augustin envoya une lettre au représentant de l’empereur arrivé pour promouvoir la paix. Les ‘Barbares’ avaient traversé le détroit de Gibraltar grâce à l’aide du comte Boniface, réprésentant de l’Empereur. Arrivés en Afrique du nord, ils avaient provoqué des affrontements violents, avec des milliers de gens en fuite (comme de nos jours!). Voilà la stratégie que l’Evêque d’Hippone suggérait: «Le titre de la plus grande gloire: c’est de tuer la guerre avec la parole, au lieu de tuer les hommes par l'épée, et de procurer ou de maintenir la paix par la paix, non par la guerre.»

«Le troisième millénaire est une nouvelle ère pour le rejet catégorique de la culture de prise du pouvoir ou de la conservation de celui-ci par les armes. Pour toute nation qui se veut civilisée et démocratique, seule l’urne détient la source de légitimité. Privilégions donc la vertu du dialogue pour l’unité, l’intégrité territoriale, la réconciliation et la cohésion nationale» Jérôme Bonso, Prés. LINELIT (Ligue Nationale pour les Élections libres et transparentes, Kinshasa, Oct. 1999).

 

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 Ou le dialogue, ou ...

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