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«D’un synode africain à l’autre», livre publié par Karthala en 2010, est un instrument précieux pour réfléchir sur la situation de l’Eglise et de la société africaine, de 1994 à 2009. Il est aussi un regard plein d’optimisme vers l’avenir.
L’idée de Joseph-Marie Ndi-Okalla, théologien camerounais et professeur à l’Université Catholique de Yaoundé, était bonne. Demander à des Evêques, à des prêtres et à des laïcs africains de réfléchir sur l’impact des propositions du Premier Synode des Evêques de 1994 sur l’Afrique. En vue en outre du deuxième Synode prévu en octobre 2009. Le Synode des Evêques est toujours une occasion extraordinaire d’écouter les plus grands spécialistes de la question, en l’occurrence le continent africain. D’aucuns avaient invoqué avec force un «Concile africain», comme le Cardinal Malula (1917-1989). A l’occasion de la visite ad limina des Evêques du Congo en 1983, il avait dit au Pape Jean-Paul II: «Très Saint Père, chacun des Evêques résidentiels ici présents a eu l’occasion de vous exposer les caractéristiques propres de son diocèse,… De manière plus générale, étant donné que toute œuvre d’évangélisation est inspirée… en fonction d’une saine théologie, les Evêques du Zaïre ont opté pour celle de l’inculturation et de l’incarnation du message chrétien pour l’avènement pleinement accompli de l’Eglise en terre africaine. L’ampleur de cette question… amène l’Episcopat du Zaïre à vous exprimer ici, comme il a eu l’occasion de l’invoquer lors de votre mémorable voyage à Kinshasa le 3 mai 1980, le souhait de voir célébrer un jour un Concile africain!» (Tonino Falaguasta Nyabenda, Le Cardinal Malula, Afriquespoir, 2009, p. 83). Le Pape Jean-Paul II, accédant aux aspirations des Evêques de l’Afrique et d’ailleurs, accepta finalement de célébrer une assemblée spéciale à Rome en 1994. Cette assemblée donna comme fruit un document «Ecclesia in Africa», présenté par Jean Paul II lui-même à l’Afrique tout entière depuis Yaoundé (Cameroun), Johannesburg (Afrique du Sud) et Nairobi (Kenya) en 1995. Mais quelques années après la parution de ces réflexions et de ces propositions, quelle est la situation de l’Afrique? Joseph-Marie Ndi-Okalla est net dans son analyse: «L’Afrique reste marquée par la permanence et une recrudescence des conflits socio-politiques et éthniques. L’Afrique des nationalités et des nouveaux régionalismes accélère la désagrégation des unités étatiques. Le catalogue de la mal-gérance et de la mal-gouvernance avec pour corollaire la corruption étatique et publique se déploie sur l’ensemble du continent africain. La succession et la prolifération des régimes autocratiques viennent balayer les espoirs d’une culture démocratique naissante, dont le vent avait soufflé dans les années 1990… On continue à assister à la confiscation et au détournement des matières premières d’une Afrique rendue pauvre par des groupes privés militarisés, soutenus par des grandes puissances… De ce tableau, il résulte une situation d’injustice criante… qui en appelle à la réconciliation, à la justice, à la paix». C’est justement le thème du deuxième Synode des Evêques pour l’Afrique, célébré à Rome du 04 au 25 octobre 2009. Les spécialistes de ce continent ont réfléchi sur «l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. ‘Vous êtes le sel de la terre…Vous êtes la lumière du monde’ (Matthieu 5,13-14)». En effet les communautés chrétiennes, même si leur présence est minime, comme en Afrique du Nord, où une révolution culturelle et sociale est en train de se produire depuis décembre 2010, doivent se porter garantes d’un changement de la société vers plus de justice, plus de partage et plus de paix. Benoît XVI l’a dit clairement au Pères Synodaux lors de la messe d’ouverture de cette assise, le dimanche 4 octobre 2009: «Par son action d’évangélisation et de promotion humaine, l’Eglise peut certainement apporter en Afrique une grande contribution à toute la société, qui connaît malheureusement dans plusieurs pays la pauvreté, les injustices, les violences et les guerres». Mgr. Antoine Ntalou, archevêque de Garoua (Cameroun), lors de la rencontre pour le dixième anniversaire de Ecclesia in Africa, du 14 au 17 septembre 2005 à Yaoundé, a souligné l’importance de quelques résolutions qu’il faut garder à l’esprit pour permettre à l’Eglise d’avancer et en même temps pour contribuer à faire progresser la réconciliation, la justice et la paix en Afrique: 1. Puiser nos énergies dans le Christ, pour construire une Afrique où il fait bon vivre. 2. Se donner les moyens de l’humanisation de nos espaces de vie. 3. Gérer dans la transparence nos moyens financiers. 4. Semer la bonne nouvelle partout où l’homme africain cherche un chemin d’espoir. L’Eglise africaine et toute l’Afrique, main dans la main, vers un futur plein d’optimisme!
T. Falaguasta Nyabenda |
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