Le sac en plastique est le contenant le plus couramment utilisé. Il est léger, imperméable, multifonctionnel et bien utile lorsque nous faisons les achats, et pourtant il provoque tant de désagréments environnementaux que, dans le monde entier, les gouvernements luttent pour le faire disparaître.

 

Chaque année, la planète consomme plus de 500 milliards de sacs en plastique, c’est-à-dire, un million de sacs par minute. Rien que la ville de Kinshasa en utilise 3.600 millions par an. En France, 500 sacs sont distribués chaque seconde pour une durée d’utilisation de 30 minutes en moyenne.

Les sacs en plastique sont fabriqués à partir du pétrole raffiné et des encres, ce que fait d’eux un produit non biodégradable. Ils ne peuvent être détruits dans un délai court par des bactéries ou d’autres agents biologiques et, selon les circonstances, ils ont besoin de 100 à 400 ans pour se décomposer.

En plus, leur recyclage coûte beaucoup plus cher que d’en fabriquer des nouveaux. Selon un studio du professeur américain Jared Blumenfeld, recycler une tonne de sacs en plastique coûte 4.000$, mais le produit final ne serait vendu sur le marché qu’à 32$. Ainsi, en 2008, seulement 1% des sacs en plastique étaient recyclés dans le monde.

 

Risques

Les risques des sacs en plastique pour l’homme et l’environnement sont multiples. Premièrement, ils sont nocifs pour la faune et la flore aquatiques. Une grande partie des déchets de sacs en plastique terminent dans les eaux des rivières et dans la mer provoquant la modification des écosystèmes littoraux et la mort de plusieurs espèces animales, comme les baleines, les dauphins, les phoques, les tortues... qui prennent les sacs en plastique pour de la nourriture qu’ils sont incapables de digérer. Selon une étude en cours menée par l’Institut français de recherche pour l’exploration de la mer (Ifremer) et l’Université de Liège, la mer Méditerranée serait la plus contaminée du monde par les micro-déchets de plastique. Elle en accumule une quantité d’environ 500.000 kilogrammes.

Deuxièmement, les sacs en plastique engendrent la pollution. Il faut contempler le paysage de certaines villes africaines comme Yaoundé, Accra, N’Djamena ou Kinshasa pour s’en convaincre. Dispersés par le vent, les sacs se retrouvent dans les rues, les cours d’eau, les égouts et les caniveaux, provoquant parfois des inondations en cas de pluie. Enfouis dans le sol pendant des années, ils empêchent aussi le bon drainage du sol et créent de petites flaques d’eau où grandissent les moustiques.

Troisièmement, l’incinération des sacs en plastique engendre des dioxines très toxiques et dangereuses pour la santé. On peut ajouter que la production de sacs en plastique épuise des réserves de pétrole. Ainsi, la Chine, qui a banni les sacs en plastique, épargne chaque année 37 millions de barils de pétrole.

 

Quoi faire?

Les dégâts sont énormes. La guerre sans merci contre les sacs en plastique a commencé un peu partout. Parmi les meilleurs élèves, l’Irlande, qui depuis l’année 2002 a adopté une taxe sur les sachets en plastique qui a permis de réduire de 90% la consommation. L’Italie, premier consommateur européen avec 25 milliards de sacs annuels, a décidé depuis le 1er janvier 2011 l’interdiction totale des sacs en plastique. Mais, tous les pays européens ne donnent pas le bon exemple. La France, par exemple, dont l’Assemblée Nationale avait voté en 2005 l’interdiction de la commercialisation des sacs en plastique non biodégradables à partir de 2010, vient de repousser le projet jusqu’à 2014.

En Afrique, les Etats prennent des mesures depuis quelques années. La Tanzanie, par exemple, a banni l’utilisation des sacs en plastique depuis 2006. D’autres pays ont fait de progrès considérables comme l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Kenya ou le Gabon. Au Tchad, l’invitation est lancé aux femmes de récupérer le traditionnel panier en raphia dans leurs courses au marché. S’il est vrai qu’il reste beaucoup à faire, des pas en avant sont déjà visibles.

Kike Bayo

 

Sac en plastique… ennemi à abattre

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