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Notre monde est tourmenté par l’urgence de trouver des formules qui assurent la paix. Tous parlent de paix et se donnent de la peine pour dormir tranquilles. Mais en utilisant des moyens qui aboutissent souvent au recours à la force. Surtout à celle des armes. Dans le monde ne seraient pas moins de 650 millions les civils qui possèdent des armes à feu, soit environ trois fois le nombre d’armes détenues par les forces armées et polices nationales. (Small Arms Survey, 2011)
Combien sont-ils les groupes, les gangs, les bandes, impliqués dans des insurrections, trafics de drogues, exploitation illégale de ressources etc.? Peut-être entre 2 et 10 mille.
Une nébuleuse Dans tous les continents et certains plus célèbres que les autres. Qui n’a jamais entendu parler du Sentier Lumineux (Pérou, années 1960-1980), un mouvement qui prétendait servir la cause des pauvres, mais avec un bilan de dizaines de milliers de morts et 20 milliards de dollars de dégâts? Ou des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui, influencées par des idées communistes et fascinées par la révolution cubaine sont toujours actives, depuis les années ’60? Une armée de 15.000 hommes, qui trouve dans le trafic de la drogue sa première source de financement, avant les enlèvements contre rançon et les impôts ‘révolutionnaires’ sur les paysans. Fortes d’un budget quotidien estimé à un million de dollars. Ou de l’ETA (Espagne), de Hamas (Palestine), des Talibans, Al-Qaïda (Afghanistan, Pakistan, Iraq), le Front Moro de Libération Islamique (MILF, Philippines). En Afrique: présents dans les conflits récents ou actuels (Liberia, Sierra-Leone, Côte d’Ivoire, Libye, Somalie…); dans les rébellions des groupes touaregs au Mali ou au Niger, d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi); celles de la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix). Ou depuis des années en Somalie (groupes fondamentalistes, nationalistes, pirates), au Nigeria, en Casamance (Sénégal) sans parler des coupeurs de route (Burkina F., Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Kabylie, RCA, etc). Soudan et RDCongo sont sans doute les pays accueillant, de gré ou de force, plus de groupes. Concernant la RDCongo, le Rapport des Nations Unies sur les Droits de l’H. – mars 2001 – parlait d’une douzaine de groupes actifs: les plus divers, faisant parfois alliance entre eux ou avec des groupes étrangers. Des groupes aux connotations floues, pratiquant l’enlèvement de personnes, le viol, le trafic de minerais ou annonçant des programmes de libération régionale ou nationale.Cela continue de nos jours, parfois sous d’autres noms. La fête a été complétée avec l’arrivée d’Ouganda des éléments de la LRA (Armée de résistance du Seigneur) qui, après presque 20 ans de crimes contre l’humanité en Ouganda, ont fixé domicile dans les régions frontalières, RDCongo, RCA, Sud-Soudan.
Buts Dans de nombreux cas, est toujours actuel ce qu’affirmait dans son Rapport en avril 1998, le Secrétaire G. des Nations Unies, K. Annan à propos des conflits au Libéria (et en Angola), affirmait: «Malgré les ravages que provoquent les conflits armés, nombreux sont ceux qui profitent de l’anarchie et qui ont intérêt à prolonger la guerre. Par exemple, l’un des objectifs majeurs des factions en présence, est le contrôle de l’exploitation des diamants, du bois et d’autres matières premières». Le dernier Rapport du Groupe d’experts des NU sur la RDCongo (29.11.2010) a confirmé que tout cela est vrai pour ce qui concerne actuellement l’est de la RDCongo. Selon les estimations de ce Groupe d’experts, établies à partir d’informations recueillies auprès de marchands d’or, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu produisent plus de 300 kilogrammes d’or par mois, ce qui procure aux exportateurs d’or un revenu annuel net d’environ 160 millions de dollars. Le Groupe d’experts s’est intéressé aux réseaux qui transportent l’or de l’est de la RDCongo, via des capitales de la région comme Bujumbura, Kigali, Kampala, vers les raffineries situées dans les Émirats Arabes Unis et à Hong Kong. Enfin, des affaires juteuses, entre les mains d’acteurs que le ministre congolais des mines qualifia, le 12 septembre 2010, de «groupes mafieux». Toujours actuelle est aussi la présence de groupes rebelles dans des parcs nationaux, où des gens armés se livrent à des activités de braconnage d’éléphants pour le commerce de l’ivoire, de gibier et d’espèces rares, et pillent les ressources forestières. Cela est vrai pareillement pour ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest. A titre d’exemple: selon une autre enquête promue par les NU, en 2009 la Côte d’Ivoire aurait produit environ sept tonnes d’or brut. Pour un montant de quelque demi-milliard de dollars et dont 90% disparu sans laisser trace. A cela il faut ajouter ce que l’ONU affirme concernant la drogue: en 2009, la valeur des stupéfiants ayant transité en Afrique de l’Ouest a dépassé les 558 millions d’euros: des chiffres comparables à ceux de secteurs entiers de l’économie des pays de cette zone. Le Nigéria connaît également la présence de nombreux groupes. Le principal groupe armé nigérian est sans doute le Mend (Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger). Mais au cours des dix dernières années, des milliers de personnes ont été tuées à cause des violences interethniques et interreligieuses gérées par des groupes fondamentalistes (notamment la secte Boko Haram, apparue en 2004, qui affirme que «l’éducation occidentale est un péché» et qui veut instaurer la charia dans tout le Pays.) Mgr John Onayekan, archevêque de Abuja, a donné récemment sa lecture ‘sociale’ des problèmes du Nigeria pour ce qui concerne les explosions de violence dans le pays. «Les Nigérians, ne sont pas seulement chrétiens ou musulmans. Les Nigérians sont également Haoussa, Ibo et Yoruba. Les Nigérians ont également des idéologies politiques différentes. Et la plus grande distinction aujourd’hui au Nigeria, et celle qui constitue le problème majeur et la plus grande menace pour la paix, n’est pas le problème entre chrétiens et musulmans, mais l’injustice sociale dans le pays. Le petit nombre de riches, dont beaucoup sont des voleurs, des brigands qui volent notre argent, des gens corrompus, sont des chrétiens et des musulmans qui s’entendent dans les conseils d’administration. Les pauvres qui souffrent sont également des chrétiens et des musulmans qui ont les mêmes problèmes. Ces choses, nous devrions les regarder avec beaucoup, beaucoup d’attention, et si vous vivez au Nigeria, c’est comme cela qu’il faut voir les choses. Il ne faut pas se laisser aller à des explications apparemment très simples et claires, mais qui sont trop simplistes.» (CRTN et AED)
Armes Le total des arsenaux des gangs dans le monde entier comprendrait entre 2 millions et 10 millions d’armes à feu. On dit que les armes en libre circulation en Afrique sont 7 millions. La CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) vient de publier un document dans lequel elle s’inquiète des mouvements ’illicites’ d’armes sophistiquées et de combattants mercenaires à travers les frontières de la région. On sait que 80% des ventes et des achats d’armes conventionnelles concerne les pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies (USA, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine et la France). Mais plus de 70 nations, plusieurs appartenant au Tiers Monde, fabriquent et exportent des armes. Des affaires qui rapportent des devises et qui, pratiquement, permettent à chaque pays producteur de nourrir un conflit et les activités des terroristes et d’autres gens sans scrupules. Comme dire: la fin des groupes armée ne s’annonce pas pour demain. Monzemu Patrick Moleli et C.. |
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