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Au cours de l'année 1996, la région du Nord Kivu a connu une dégradation constante de l'ordre public et l'intensification de graves troubles interethniques qui ont fait de nombreuses victimes et ont accentué le problème des déplacés dans l'est du pays. Le 25 octobre 1996, Kinshasa décrète l'état d'urgence au Nord et au Sud Kivu. Le 28 octobre, les Rwandais bombardent Bukavu et pénètrent dans la ville avec des Banyamulenge. Certaines personnalités sont éliminées, même des cadres civils non politiques. Bukavu, Goma, Uvira tombent dans les mains des nouveaux maîtres. Ces faits de guerre entraînent dans le conflit l'Ouganda et le Burundi, qui poursuivent le démantèlement des camps des réfugiés et des déplacés hutu rwandais et burundais, d'environ un million un demi. "Une scène horrifiante de masses de réfugiés vagabondant comme des bêtes perdues est insupportable pour tous ceux qui croient à la dignité de tout être humain". De vrais massacres ont eu lieu surtout dans les régions de Masisi et Walikale. Au cours des années suivantes les épisodes de violence se sont multipliés.
"Sur le territoire contrôlé par le RCD, les églises catholique et protestante sont victimes de persécutions particulièrement graves en raison de leurs appels à la paix. Un évêque catholique a affirmé que le seul élément unissant les Rwandais et les Ougandais était la haine contre l'Eglise catholique, mais d'autres congrégations chrétiennes et religieuses en général sont également visées. Dans l'Est, la principale cible de ces persécutions est l'Eglise catholique qui y est majoritaire: assassinat de plusieurs prêtres, expulsion de l'archevêque de Bukavu, attaques contre des couvents et des paroisses, etc. Le 6 février, des militaires de l'APR ont tué à Kilambo (Nord-Kivu) plusieurs personnes dont un pasteur d'une église protestante (Mamboleo) et plusieurs autres incidents de ce type se sont produits ailleurs.
D'un côté comme de l'autre, la persécution des églises a été une constante tout au long de l'année. Évêques, prêtres et pasteurs ont été arrêtés, torturés, condamnés à la relégation ou assassinés. Le cas le plus symbolique a été celui de l'archevêque de Bukavu que le RCD a relégué à l'extérieur de son diocèse. Sur les territoires de l'Est, des couvents, des paroisses et des centres de santé gérés par des religieux ont été attaqués et pillés".
"Mon prédécesseur, l'Archevêque Mgr Munzihirwa Christophe, écrivait Mgr. E. Kataliko, plusieurs prêtres, religieux et religieuses de Bukavu, d'Uvira et de Goma ont été froidement assassinés… Nous avons le sentiment que par-delà les faits isolés reprochés à l'un ou à l'autre, à raison ou à tort, il y a une stratégie qui vise à détruire tout ce qui est considéré par le peuple comme sacré. Une fois détruit le noyau autour duquel se construisent la cohésion et l'identité communautaire des peuples, il serait plus facile de soumettre les populations désormais sans défense et sans repères à l'arbitraire d'une idéologie et d'un système totalitaire qui veulent s'imposer à tout prix. Dans ce cadre, l'Église Catholique, comme le pouvoir coutumier, deviennent la cible privilégiée d'un pouvoir qui voudrait faire table rase des valeurs chrétiennes et traditionnelles. Son mécanisme consiste à déstructurer un peuple en s'attaquant jusqu'à la racine de son identité pour mieux le soumettre".

Buhendwa Jean Claude    + 17.11.1996

Bwanalongba Boniface    + novembre ou début décembre 2002

Gatuku Constantin    + 06.11.1996

Juakali Paul    + 06.04.1996

Kahegezo Koko Boniface    + 06.10.1996

Kahindo Romain    + 23.04.2002

Kakuja Mulemandeko Georges    + 22.11.1999

Kalinda Ngwije Alexandre    + 14/15.09.1996

Kibugu Pepe Rémy    + 15.02.2000

Kavenadiambuko Alphonse    + 26 août 2003

Lomomba Robert    + 08.11.1997

Mandro Kpanga Jean Faustin   + 8 août 2003

Mateso-Babuma François Xavier   + 10 mai 2003

Mayelengwe Dieudonné    + 16.02.1997

Mudiandambu Mukoma Jean de Dieu    + 29.11.1993

Munyankuyo André    + 06.11.1996

Munyanshongore Isidore    + 09.01.2000

Munzihirwa Christophe, Archevêque de Bukavu + 29.10.1996
Né en 1926 à Walungu (Bukavu), il a été ordonné prêtre le 17 août 1958. Curé de la cathédrale de Bukavu, en 1963, il prit la décision d'entrer chez les Jésuites (Noviciat de Djuma). Il était depuis six ans supérieur de la Province de l'Afrique Centrale de Jésuites, lorsqu'il fut nommé évêque de Kasongo. Consacré à Rome le 09.11.1986. Le 27 mars 1994 il devint archevêque de Bukavu.
L'afflux sans précédent de réfugiés rwandais (1.500.000) dans la région du Kivu à partir du mois de mai de la même année, leurs conditions de vie inhumaines, les violences, la démission de la communauté internationale, poussèrent Mgr Munzihirwa à se faire le défenseur des multitudes de sans voix. Malgré sa santé fragile, il se révéla un formidable lutteur, infatigable dans la dénonciation des violences multiples qui secouaient la région des Grands Lacs.
Voici une petite anthologie des messages qu'il adressa - surtout les jours précédents sa mort - à la communauté chrétienne de Bukavu, aux instances civiles et militaires, soit nationales soit internationales, aux gens de bonne volonté.
Impôts injustes. "Quant à nous-mêmes, fils et filles du pays, quelle oppression ne subissons-nous pas? Pour se rendre au marché avec une petite marchandise, que de taxes ne doit-on pas payer, avant, pendant et après le marché? A chaque coin de la route, des hommes en uniforme nous arrêtent et demandent des dollars. Où ces pauvres gens vont-ils trouver des dollars? Est-ce que les militaires reçoivent leur solde en dollars? On trouve trois, quatre barrières. Parfois, ils vous ravissent tout ce que vous alliez vendre ou tout ce que vous avez gagné par un travail de plusieurs mois… Et si vous n'avez plus rien à donner, ce sont des coups, des matraques, et parfois des baïonnettes, puis le cachot. C'est la raison du plus fort. Et à quand l'État de droit?
Militaires. "Nous demandons à nos militaires, qui ont fui le front et qui viennent maintenant agresser les habitants qu'ils doivent défendre. Nous sommes leurs frères et ce qu'ils font en nous agressant, en nous pillant, en nous frappant, ça ne leur portera pas bonheur" (25.10. 1996).
Fuir où? "Restons chez nous dans notre ville et dans nos bananeraies. Il est mieux de rester chez soi que de fuir. D'ailleurs fuir où?… Restez chez vous, il vaut mieux mourir chez soi que sur la route qui est incertaine" (26.10.1996).
États voisins. "Nous demandons aux gouvernements de Kigali et de Bujumbura de régler leurs problèmes internes chez eux et de ne pas les exporter chez nous au Zaïre. Nous demandons spécialement aux Tutsis du Rwanda, que nous avons maintes fois accueillis comme réfugiés, de ne pas cracher dans le puits où ils ont bu. Aujourd'hui ils nous récompensent par des bombes. Qu'ils se rappellent que l'histoire tourne" (27.10.1996).
Dignité. "Bien chers frères. Défendons-nous avec courage contre les pillards. Ce sont des voleurs. Mais toujours, souvenons-nous que nous sommes chrétiens, et qu'à chaque moment de notre histoire, nous sommes chrétiens. Conservons notre dignité de chrétiens. N'encourageons jamais toute discrimination tribale, raciale ou ethnique. Et celui qui touche à un être humain, parce qu'il est humain à l'image de Dieu, il touche à Dieu lui-même. Courage, défendez votre dignité". (28.10.1996)
Dans l'après-midi du 29 octobre 1996, Mgr Munzihirwa avait organisé une rencontre à l'évêché. "La démission lamentable de la plupart des responsables administratifs et militaires avait fait de Monseigneur presque la seule autorité à s'occuper vraiment du sort de la population désorientée. Un groupe d'une vingtaine de personnes appartenant à la société civile s'était constitué autour de lui en Comité de Défense pour la sauvegarde des intérêts de la population abandonnée, livrée au chaos des pillages et de la chasse à l'homme…Ce jour-là, après avoir fait traverser les religieuses tutsi du monastère Clarté-Dieu de Murhesa vers la frontière de Cyangugu un peu avant 18h00, Monseigneur sort, accompagné d'un gendarme des FAZ. Il part dans l'intention d'aller passer la nuit au collège Alfajiri. Sa Rocky blanche, conduite par le chauffeur du collège est immobilisée à la place dite Nyawera par des tirs en rafale. Monseigneur sort immédiatement de la voiture, suivi du chauffeur. Il se dirige vers les militaires qui ont pris position du côté droit de la chaussée. Ceux-ci le placent contre le poteau sur lequel est suspendu le panneau de la Société d'Électricité des Grands Lacs (SINELAC). A quelque quinze mètres de lui le chauffeur est immobilisé contre un arbre. Le militaire qui servait de garde de corps est abattu.
Le lendemain plusieurs personnes, passant dans leur fuite par cet endroit, ont pu voir le corps affaissé contre la grille de la SINELAC, un chapelet blanc dans la main, sans blessure apparente sur le devant. Une seule blessure à l'arrière de la tête. Le véhicule, criblé de balles, se trouvait à plus de cent mètres au-delà". Un témoin a confirmé: "Le militaire (qui n'était pas des FAZ) a amené Mgr Munzihirwa à côté de la route et lui a imposé de se mettre à genoux. Après contact radio, il lui a tiré une balle dans la nuque. La Providence a voulu qu'il soit exécuté devant la SINELAC, le consortium qui distribue l'énergie électrique au Rwanda, Burundi et Congo, comme un agneau immolé pour que son sang fasse cesser toute violence, tout massacre et assassinat".
"Je mourrai tué par les soldats", avait-il dit plusieurs fois.
Mushi

Mvuezolo-Tovo Dieudonné   +11 mars 2003

Ndogole Kasati Jean Marie    + 07.10.1996

Ndyanabo Boneza Conrad    + 12.12.1994

Ngona Bogo Raphaël    + 6 mai 2003

Njabu Georges Aimé    + 10 mai 2003

Nkoy Boniface    + 04.03.2002

Nirere Cyitatire Benoît    + 15.11.1996

Nsengiyunva Emmanuel    + 24.12.1996

Tshisambu Mutombo Fortunat    + 09 04 1997

Wabulakombe Stanislas    + 24.08.1998


Tués après la publication du livre

Bemeriki Richard
Curé de la paroisse de Jomba, l’abbé Richard Bemeriki a été grièvement blessé par balle dans son domicile par un militaire de la brigade « Bravo ».
Il est décédé, le 9 avril 2007 dans un hôpital de Kigali.
L’abbé Richard Bemeriki était responsable d’un centre sanitaire assurant l’assistance à 40.000 personnes.

Bwanalongba Boniface
Né en 1932, à Gety. Ordonné prêtre à Mahagi, le 7/7/1963. Postes d’apostolat: Gety, Petit Séminaire de Fataki, Lita, Nyakasanza, Mudzi-Maria (cathédrale), Kilo, Bambu, Mongwalu, Nyakasanza, Mudzi-Maria (cathédrale), Kilo, Bambu, Mongwalu. Assassiné en novembre ou début décembre 2002. Son corps n'a pas été retrouvé. Les militaires UPC l'auraient arrêté avec deux religieuses. Alors que ces dernières ont été libérées, l'abbé a disparu.

Djikulo François
Prêtre du diocèse de Manono.  Il était allé, au mois d’août 2005, sur une initiative personnelle, en mission de paix auprès du chef rebelle Kyungu Kasongo, alias Gédéon, pour le convaincre de déposer les armes et de mettre fin à la terreur à laquelle étaient soumises les populations. On a appris quelques mois plus tard que le prêtre avait été assassiné sauvagement. Il avait été mutilé ainsi que son collaborateur laïc qui l’accompagnait, Simon Kayimbi; puis ils avaient été brûlés vifs. A Mutendele, territoire de Pweto, à 75 km de la paroisse de Dubie, diocèse di Kilwa Kasenga.
(Fides 21/11/2005 - 23/11/2005)

Kahindo Romain
Victime d'une embuscade tendue à quelques centaines de mètres de la Procure, par un groupe d'hommes armés alors qu'il rentrait à Butembo, le soir du 23 avril 2002, vers 19 h 00. Il venait de célébrer la messe à 17h00 au séminaire de la Congrégation des Frères de l'Assomption et de rendre visite à un malade à l'hôpital. Les premiers arrivés sur le lieu n’ont pu que constater le décès de l’abbé. Sa poitrine saignait abondamment.
Né le 1er juin 1952 à Butembo, l'abbé Kahindo avait étudié les sciences économiques à l’université de Sienne, en Italie. Il était chargé de l'administration de l'économat diocésain et était professeur d'économie à l'Université Catholique du Graben (UCG), fondée le 22 août 1989 par feu Mgr Emmanuel Kataliko. Il était une figure importante de la communauté ecclésiastique locale. "Nous craignons que l'abbé Kahindo n'ait été victime d'un homicide prémédité. C’est la première fois que l’Eglise est frappée de manière aussi violente. Ceux qui l’ont tué savaient bien qu’il était prêtre. On voulait toucher l’Eglise. Dans le diocèse, il y a une situation d’insécurité générale. Dans ce climat, l’Eglise est visée. Nous nous efforçons d’exercer notre mission en dénonçant les violences de la part des factions, des groupes armés, des groupes d’autodéfense. C’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas bien vus par plusieurs personnalités. Nous recevons souvent des menaces. L'Eglise perçoit le meurtre de l'abbé Kahindo comme un avertissement"
"Le meurtre de l’abbé Romain Kahindo se situe dans la longue liste de menaces et actes barbares contre l’Eglise catholique et les autres confessions religieuses depuis 1998, depuis l’occupation de la région par des troupes des armées rwandaise et ougandaise et des rebelles congolais.
Les situations tragiques vécues sont, notamment, les attaques et les pillages des villages entiers, des fermes et des champs, des presbytères et couvents de religieuses, la profanation d’églises, les meurtres, l’insécurité sur les routes. Tout cela, au grand mépris de la vie de l’homme, image de Dieu. Nous disons non à la banalisation de la vie, non à la violence sous toutes ses formes. Le Dieu que nous annonçons est le Dieu d’Amour, de tout Amour et non celui des armées".

Kavenadiambuko Alphonse
Né le 20 novembre 1949. Doctorat d'histoire à la Grégorienne. Professeur à l'ISP de Baza–Ngungu. Ancien Recteur du Grand Séminaire de Mayidi. Tué le 26 août 2003. "Le 26 août 2003, en fin de soirée, la voiture au bord de laquelle voyageaient l'abbé Alphonse, le chauffeur et un proche collaborateur de la paroisse (M. Dinazeye), a essuyé des tirs au niveau de la petite pente menant vers Kavuaya, dans la province du Bas-Congo. Six militaires, sortis de la brousse de part et d'autre de la route, ont tiré sur les occupants de la voiture. Le prêtre fut touché par une balle au dos, après que son chauffeur ait été grièvement blessé à l'œil gauche par les éclats du pare-brise. L'abbé, saignant, et ses compagnons ont été accueillis à l'hôpital Saint Luc de Kisantu. Le médecin,  après avoir tenté de sauver la vie à l'abbé, sera contraint d'annoncer la douloureuse nouvelle du décès de celui-ci".
"Durant ses 26 ans de vie ecclésiastique, l’abbé Kavenadiambuko a été un travailleur sans relâche. Il était un éducateur militant, un homme qui s’est consacré à servir Dieu et à éduquer la jeunesse. Il était d’un très grand courage et n’avait jamais hésité un seul instant de se rapprocher des gens même les plus extrémistes pour susciter en eux un réveil de conscience".

Mandro Kpanga Jean Faustin
Bunia, le chef-lieu de la région de l'Ituri, a été théâtre au mois d'août 2003, d'affrontements à caractère ethnique et pour le contrôle des richesses minières de la zone. Les Gegere, c'est-à-dire les Hema du nord de l'Ituri, de la zone de Fataki, ont subi à plusieurs reprises des attaques par les guérilleros Lendu.
Parmi les victimes, l'abbé Justin, 30 ans, vicaire de Fataki. Il a été sauvagement abattu dans la petite localité d'Aidha, à une quinzaine de kilomètres de Fataki. "Après avoir pillé, vendredi 8 août,  le petit séminaire de Fataki, les miliciens ont obligé l’abbé à porter un poids énorme, contenant une partie du butin. Les derniers moments de Faustin ont été particulièrement difficiles. Quand le groupe est arrivé au village d'Aidha, l'abbé n'était plus en mesure de marcher, à cause de sa fatigue physique, psychologique et des coups de bâton reçus. Il a demandé à ce qu'on lui accorde une pause, mais les miliciens, visiblement sous l'emprise d'alcool ou de drogues, l'ont abattu à coups de fusil. Il est mort avec une grande dignité et sans jamais se plaindre", ont encore raconté des témoins. Son corps, abandonné en pleine forêt, a été retrouvé et enterré quelque temps après. Prêtre courageux et disponible, au service de l'Eglise locale, pour les fidèles hema et lendu
.

Mateso-Babuma François Xavier
Né à Lita, le 13/8/1965. Ordonné prêtre à Pimbo, le 22/07/1992. Postes d’apostolat: Nyakasanza (vicaire), propédeutique spirituelle Saint Kizito (d’abord économe, ensuite animateur spirituel et enfin recteur), Nyakasanza (Curé). L'abbé Mateso François Xavier, curé de la paroisse de Nyakasanza (diocèse de Bunia) et son vicaire Aimé Njabu, ordonné en 2001, ont été tués le 10 mai 2003. Précisément quand les deux prêtres et les réfugiés présents dans la paroisse avaient décidé de s'éloigner, un groupe de miliciens Lendu les attaqua. "A l'abbé Aimé on a coupé la gorge, dans son lit. Sa mère et un frère ont aussi été tués. L’abbé Mateso a été tué à l'extérieur de la maison, ainsi qu’une douzaine de réfugiés", a témoigné un porte-parole de la Monuc.

Mvuezolo-Tovo Dieudonné
Coordinateur provincial du Réseau des écoles conventionnées catholiques dans la province du Bas-Congo (RD Congo), a été trouvé mort sur la route menant de Tshimpi à Matadi, à côté de sa voiture, a rapporté vendredi l'Agence congolaise de presse (ACP). Il  avait été tué par un homme en divise militaire le 11 mars 2003. Né à Matadi le 2 mai 1960, il avait été ordonné prêtre le 3 septembre 1989. Son père était originaire de Luozi, sa mère de Sekabanza. 

Ngona Bogo Raphaël
Au cours des mois d'avril et de mai 2003, Bunia (RDC) a été le théâtre de violences et de pillages. Les attaques des milices Lendu, après le retrait des troupes ougandaises, visaient principalement les Hema. Des bandes armées de kalachnikov, de machettes, d’arcs, de flèches et de lances, en grande partie des jeunes et souvent des enfants, semant la terreur. Elles ont saccagé l'Évêché, les bureaux du diocèse, le Grand séminaire, l'ISSR (Institut Supérieur de Sciences Religieuses). Parmi les centaines de victimes, l'abbé Raphaël Ngona, abattu d'une balle dans la tête, le soir du 6 mai, à la procure diocésaine de Mudzi Pela. De l'ethnie Hema, il était né à Mongwalu le 3/2/1949. Ordonné prêtre à Mongwalu, le 21/08/1977 et gradué en théologie pastorale (Lumen Vitae), il avait été, entre autres, professeur à l'ISSR, chancelier épiscopal et directeur du Bureau diocésain de développement et des œuvres médicales à Pimbo. Il venait d'être nommé curé de la paroisse de Drodro. La mort de l'abbé Ngona est directement liée à son travail intense et minutieux de dénonciation des massacres perpétrés dans la paroisse de Drodro, où début avril 2003, un millier de civils avaient été tués. Le prêtre était chargé, au nom du diocèse, de faire la lumière sur l'identité des victimes et sur les responsables de ces tragédies. Au terme de son enquête, l'abbé Ngona avait rédigé une liste contenant les noms de plus de 800 victimes et d'autres détails intéressants.

Njabu Georges Aimé
Né à Bambu, le 09/08/1970. Ordonné prêtre à Mudzi-Maria (cathédrale de Bunia), le 8/11/2001.Vicaire à Nyakasanza. Il a été assassiné dans sa chambre, au presbytère de Nyakasanza, le 10/05/2003, le même jour que son Curé (Cfr. Mateso).

Nkoy Maypena Boniface
Du diocèse de Tsumbe, au Sankuru, Kasaï Oriental, RDC. Né le 24/06/1972. Ordonné prêtre le 20 août 2001. Vicaire à Otshudi Sacré-Cœur. Affecté à la paroisse de Djalo. Victime d'un attentat à la grenade à Goma, le 24 mars 2002. Pendant la procession des Rameaux, qui avait débuté à l’Institut ITIG des Salésiens pour arriver dans la cour du collège Muungano, pas très loin de l’évêché, alors que les chrétiens étaient déjà rentrés dans la cour du collège, des inconnus ont lancé deux grenades sur la fin de la procession. Une seule a explosé. Le bilan a été de quinze blessés et deux morts: une fillette de huit ans (Karine) et l'abbé Boniface.
Ce dernier se trouvait à Goma pour des raisons de santé (une fracture au bras droit suite à un accident de moto) et aurait dû subir une intervention chirurgicale le lendemain.