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Le Burundi est devenu indépendant le 1er juillet 1962. Au cours des années suivantes, cinq gouvernements se succédèrent. Une tentative de coup d'État, en octobre 1965, se solda par un échec et fut suivie par une purge des hutu servant dans l'armée et dans l'administration. En juillet 1966, le capitaine Michel Micombero créa un gouvernement de salut public. Pendant 10 ans, il réagit avec détermination et cruauté à tous les complots, vrais ou présumés et d'habitude attribués aux hutu. Terribles furent, en particulier, les mesures répressives adoptées lors de l'insurrection éclatée le 29 avril 1972. Le 8 mai, le gouvernement annonça à la radio que la rébellion était sous contrôle. Toutefois, pendant des mois, la chasse aux rebelles, à leurs familles et amis, continua. Des étudiants, des professeurs, des catéchistes, et même des tutsi sympathisants avec les hutu disparurent. La radio annonça triomphalement qu'ils avaient été balayés au nom de la sécurité d'État. Beaucoup a été écrit sur ce massacre. Dans le Dossier Burundi publié par le Secrétariat permanent du Clergé, on dit que la répression fut brutale. Bien des gens moururent sans savoir pour quelle raison. La Délégation spéciale envoyée à Bujumbura par l'ONU déclara dans son rapport que «la tragédie humaine vécue par le Burundi était difficile à évaluer en chiffres. Selon le Gouvernement Burundais, les morts avaient été 80.000". D'autres sources parlèrent de plus de 100.000. Des semaines de terreurs. La radio répéta souvent des appels à la population pour qu'elle aide les militaires à enterrer les morts, trop nombreux. «Chaque nuit, dans le Quartier résidentiel, on peut entendre les cris de ceux qui sont torturés. Chaque soir, parfois avant même le couvre-feu, on peut voir des camions pleins de corps que les militaires ne prennent plus la peine de couvrir. En moyenne, une demi-douzaine de camions pleins de cadavres passent chaque jour. On les décharge sur la route de Cibitoke, au nord de Bujumbura». Dans une Lettre Pastorale, les évêques écrivirent: "Pour la première fois dans l'histoire du Burundi, une guerre civile de nature ethnique a atteint des proportions si grandes que le pays tout entier a été noyé dans le sang. Nous pouvons l'affirmer sans crainte d'exagérer: tous les Burundais ont perdu quelques membres de leurs familles". Une tragédie qui demeure inexplicable sous beaucoup d'aspects. «Ce ne fut pas une guerre civile au sens strict du mot, écrit un autre témoin. De fait, ce ne fut qu'un petit groupe d'extrémistes qui voulaient anéantir un peuple résigné, qui s'est laissé tuer avec un fatalisme incroyable. Intellectuels et paysans, sans distinction, se laissaient prendre et tuer comme des moutons, sans réagir». «C'est probablement la seule atrocité dans l'histoire africaine récente qu'on pourrait appeler, sans exagérer, génocide». Sauf Francois Xavier Muteragiranwa, tous les abbés dont on parle dans ces pages appartenaient à l'ethnie hutu. Certains d'entre eux représentaient l'espoir de leurs diocèses et de l'Eglise du Burundi. Que leurs noms vivent dans les mémoires, avec ceux de tous les Religieux, des chrétiens et des milliers de gens disparus dans les fosses communes. Parmi eux, environ 2100 enseignants et catéchistes, 60 étudiants universitaires, 650 étudiants de niveau secondaire...
Barampama André + 15.05.1972
Bivanda Melchior + 15.05.1972
Gahungu Marc + 15.05.1972
Gakwavu Martin + 15.05.1972
Gihimbare Gabriel + 13.12.1964
Girukwibonye Sébastien + 1972
Hakizimana Astère + 15.05.1972
Karenzo Théophile + 1972
Kayehe Pascal + 1972
Kayoya Michel + 17.05.1972
Muteragiranwa F. Xavier + 10.05.1972
Ndarukerege Gervais + 15.05.1972
Ndigiriye Emile + 1972
Ngeza Gabriel + 02.05.1972
Nikoyagize Joseph + 15.05.1972
Nsaguye Jérôme + 15.05.1972
Ntirampeba Paul + 15.05.1972
Nzeyimana Donatien + 15.05.1972
Ruhaya Protais + 15.05.1972
Samandari Thomas + 15.05.1972
Simbandumwe Marcel + 15.05.1972
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