Boganda Barthélemy
Le 29 mars 1959, dimanche de Pâque, un avion s'écrasait dans la région de Boda. Parmi les passagers - tous décédés - le Premier ministre Barthélemy Boganda, revenant de Berberati à Bangui.
Les causes de l'accident n'ont jamais été établies. Boganda fut pleuré par tout le pays, car il était considéré comme «le père de la nation».
De l'ethnie Mbaka, il était né en 1910 à Mbaïki, région de la Lobaye. Après le meurtre de sa mère par les gardiens des plantations de caoutchouc de la Compagnie Sangba-Oubangui, il avait été accueilli à la Mission de Saint Paul, à Bangui, où il fut baptisé le 24 décembre 1922. Intelligent et vivace, après l'école primaire à la mission des Pères Spiritains, il entra au Petit Séminaire. Etudes à Brazzaville, à Kisantu (RDC) et enfin à Yaoundé (Cameroun). Ordonné à l'Eglise de Notre Dame le 27 mars 1938. Il travailla dans plusieurs paroisses, parmi lesquelles Grimari et Bakala.
Boganda était le premier prêtre de sa région. Voici comment lui-même décrivit sa vocation: «Le jour de Noël, après ma première communion et la confirmation, je suis parti voir Mgr Calloch, pour lui dire que j'étais prêt à faire tout ce qui était en mon pouvoir, à accepter n'importe quelle discipline, afin d'aider mon pays et mes frères à améliorer leurs conditions de vie. Il y avait une seule voie ouverte pour accomplir mon idéal: la prêtrise, mais je n'en étais pas encore complètement sûr, n'ayant jamais connu jusqu'à ce moment-là, un prêtre de 'ma couleur'».
Les vents de liberté soufflant sur les colonies françaises après la deuxième guerre mondiale, avaient gagné aussi l'Oubangui-Chari. Ainsi, avec l'accord de son Evêque, Mgr Grandin, l'abbé Boganda se présenta candidat aux premières élections législatives. Élu à l'unanimité au deuxième collège électoral de l'Oubangui-Chari, il devint membre du Parlement, à Paris.
Il voulait faire sortir le pays du sous-développement, et il commença à dénoncer les injustices, telles que le travail forcé et les prix ridicules payés pour les produits agricoles de la part des grands monopoles étrangers.
Il se rendait bien compte qu'il n'y aurait pas eu de changements réels sans indépendance politique. Tout en appuyant l'idée d'une Afrique unie à la métropole, il encourageait le projet d'une
Afrique Latine, de l'Oubangui à l'Angola et au Rwanda. Il dut se contenter de l'Oubangui-Chari: le 1er décembre 1958, à Bangui, il proclama la République Centrafricaine et en devint le tout Premier ministre. En 1959, ayant contracté mariage civil en France, il avait été suspendu «a divinis». Il était père de deux enfants. Ce fut sur la place de la cathédrale, où 21 ans avant il avait été ordonné prêtre, que le Vicaire Général, le P. Charles Ferraille, célébra la Messe des funérailles.


Kilamong Jean-Claude
"L'Eglise catholique de Bossangoa, a la profonde douleur d'annoncer l'exécution sommaire de l'Abbé Jean-Claude Kilamong, du journaliste Raymond Daké, de la Radio diocésaine N'Doyé  et de deux sentinelles de cette radio, par les rebelles qui se sont installés dans la localité"
L'abbé Jean-Claude Kilamong, a été froidement abattu lundi 9 décembre 2002 à Bossangoa, à environ 300 kilomètres au nord de Bangui, par un groupe de rebelles liés à l'ex-général putschiste François Bozizé. Agé d'une quarantaine d'années, l'Abbé avait été arrêté dimanche dernier à Bossangoa par les rebelles qui contrôlent la ville depuis plus d'un mois. Le corps de la victime a été récupéré avec beaucoup de difficultés à cause de la présence des rebelles, puis transporté à la cathédrale. L'enterrement a eu lieu mardi..


Tué après la publication du livre

Kilamong Jean-Claude
"L'Eglise catholique de Bossangoa, a la profonde douleur d'annoncer l'exécution sommaire de l'Abbé Jean-Claude Kilamong, curé de Kabo, du journaliste Raymond Daké, de la Radio diocésaine N'Doyé et de deux sentinelles de cette radio», par les rebelles du Général François Bozize. Les quatre ont  été abattus le 9 décembre 2002.
Blessé aux jambes, lié "comme un animal", l’abbé est mort d'hémorragie.
Son  corps a été récupéré avec beaucoup de difficultés et puis transporté à la cathédrale. Le Chef d'Etat de la République Centrafricaine, le général F. Bozize, a demandé pardon aux représentants des Eglises pour ce crime odieux.

 

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