150 ans

Né à Anvers le 12 juin 1823, l’abbé T. Verbist était aumônier de l’école militaire à Bruxelles et aussi président national de la Sainte Enfance, une organisation qui se proposait de propager l’esprit missionnaire parmi les enfants et de récolter des fonds pour l’éducation chrétienne des enfants abandonnés dans ceux qu’on appelait les ‘pays de mission’. L’abbé Théophile était particulièrement touché par les nouvelles concernant les conditions de pauvreté dans lesquelles vivaient les gens des régions reculées de la Chine.

 

Au service

Lorsque les frontières de la Chine s’ouvrirent en 1860, il fut immédiatement prêt pour s’y rendre en tant que missionnaire. Mais il se sentit aussi appelé à fonder en Belgique une congrégation missionnaire - tout comme cela s’était déjà réalisé dans d’autres pays d’Europe. Et précisément, pour la mission en Chine. Quatre de ses amis prêtres se joignirent à lui. Avec l’aide de Pères Jésuites expérimentés, les cinq prêtres qui résidaient ensemble à la chaussée de Ninove à Scheut, purent rédiger un projet de statuts pour la fondation.

   Trois ans plus tard, les quatre premiers Scheutistes partirent pour la Chine. Un voyage qui dura 100 jours. On leur confia une mission dans la Mongolie. Après quelques mois, l’abbé Théophile écrivait à sa sœur Elisa: «Je suis maintenant en Chine, un rêve depuis des années qui se réalise enfin! Tous les jours j’en remercie le Seigneur. Je pense bien qu’en cet endroit je vais pouvoir réaliser ce que je me représentais comme idéal. En effet depuis le jour de mon ordination sacerdotale j’ai désiré travailler d’une manière efficace, pour l’amour de Dieu, au service du salut et du bien-être de ses créatures.»

L’étude de la langue, les rigueurs des hivers, les famines périodiques mettront à l’épreuve ces missionnaires et tous ceux qui les suivront. Des quatre premiers Scheutistes arrivés en Chine en 1865, Ferdinand Hamer était le plus jeune du groupe. Il y travailla pendant 35 ans et il devint évêque. Van Segvelt mourut du typhus 16 mois après son arrivée. Exactement un an plus tard, mourut aussi Théophile Verbist, de typhus ou de pneumonie. Il était sur le point de rentrer en Belgique pour y organiser le noviciat. Il avait 44 ans.

   Près de 650 Scheutistes travailleront en Chine de 1865 jusqu’aux années du communisme, en 1944. Beaucoup de missionnaires (un tiers environ) seront victimes du typhus… Les Chinois étaient immunisés contre la bactérie du typhus tandis que les Européens ne l’étaient pas. Ce n’est que dans les années 1930 qu’un médecin Polonais développa un vaccin qui sera inoculé par prévention à tous les missionnaires et plus personne ne mourut de cette maladie!

   Malgré les difficultés, les contretemps, les maladies et les dangers, ils ont fait naître des communautés florissantes. Même les communistes reconnaitront plus tard que les chrétiens en Chine favorisent la promotion de bons rapports sociaux et d’une saine communauté de vie.

 

Au Congo

Nombreux furent les missionnaires qui, expulsés de la Chine par le mouvement maoïste, rejoignirent les communautés scheutistes à l’œuvre dans ce qu’on appelait ‘Congo Belge’ ou en créèrent de nouvelles (Japon, Haïti, Hong-Kong, Taiwan, Guatemala, Rép. Dominicaine etc.)

Leur arrivée au Congo datait des années 1876-1878, suivant les réitérées demandes de la part du roi Léopold II . Dans certains territoires de son royaume étaient déjà présents les Pères Blancs et les Pères du Saint-Esprit - des congrégations françaises. Le roi désirait voir à l’œuvre dans l’État indépendant du Congo surtout des missionnaires belges.

Le 9 avril 1888, Propaganda Fide décide de confier l’évangélisation du territoire de l’État indépendant du Congo à la congrégation de Scheut. Seul le Haut-Congo n’est pas attribué aux Scheutistes, car les Pères Blancs s’étaient vus confier ce territoire en 1886. La première caravane des missionnaires de Scheut part le 25 août du port d’Anvers et arrive le 19 septembre 1888 à Banana.

L’appui de l’Etat à l’action des missionnaires, surtout dans le domaine de l’enseignement scolaire, sera assuré pendant de longues années et malgré des divergences et des déboires.

   Le souvenir de Tata Raphaël de la Kethulle de Ryhove ‘éducateur, créateur d’écoles et bâtisseurs de stades’, reste toujours vif dans les mémoires des habitants de la capitale. C’est en juillet 1917 que le père Raphaël arrive à Léopoldville. Rapidement, il se consacre à l’œuvre d’éducation destinée aux jeunes de Léopoldville, et ce durant une quarantaine d’années. Il la considère une nécessité, afin d’éviter que les jeunes continuent à traîner dans les rues de la ville durant toute la journée.

 

Enseignement

Avant l’arrivée du Père Raphaël, les missionnaires de Scheut de Léopoldville (La ville comptait environ 5000 habitants) avaient créé une école primaire, mais celle-ci était installée dans des locaux provisoires ou improvisés. Ils tentèrent d’obtenir des subsides du gouvernement local pour construire de nouveaux bâtiments afin d’y accueillir une école. Cependant, le gouvernement ne leur accorda pas leur aide. Il fallut attendre 1923 pour que la situation se débloquât et que les premières pierres de l’école saint-Joseph soient posées. Ecrit Pius Longolamai (un ancien élève de l’Institut d’Ed. Physique): «Tata Raphaël a contribué de façon spéciale à l’émancipation de la population congolaise et à l’intégration des populations noire et blanche dans le cadre des organisations scolaires, sportives et sociales. Il a pesé de tout son poids dans le changement de la politique coloniale vers l’accession des Africains aux postes de direction.

Tata Raphaël a décroché l’admission des enfants noirs aux écoles qui étaient uniquement réservées aux enfants européens. De même il a réussi l’intégration des joueurs congolais dans des équipes de football uniquement réservées aux joueurs européens. Dans l’enseignement, le programme de Tata Raphaël avait un niveau supérieur au programme de la Colonie qui se limitait à former des auxiliaires. »

Dans son allocution de clôture du Centenaire de Scheut le 23.10.1988, la Cardinal Malula a ainsi décrit le missionnaire Tata Raphaël: «Cet éducateur avisé et dévoué s’est consacré, toute sa vie durant à l’éducation de la jeunesse de ce pays, qu’il préparait de manière originale et efficace à la gestion des affaires publiques. «Le Collège St-Joseph, les stades ‘Reine Astrid’ et ‘Roi Baudouin’, le premier Institut d’Education physique de la Capitale du Zaïre, sont comme des monuments qui perpétuent, de génération en génération, le nom du bâtisseur, Tata Raphaël.»

 

Un projet de vie

Les missionnaires de Scheut Ils sont aujourd’hui un millier, dont la moitié est originaire d’Afrique, d’Asie, et du Nord ou du Sud de l’Amérique. De 2005 à 2011, le supérieur général de l’Institut a été le congolais Tsimba Edouard. L’actuel, c’est le p. Tim Atkin, un Américain. Ils sont présents dans 23 pays: Belgique, Pays-Bas, Brésil, Cameroun, Tchad, Chine, Congo, République dominicaine, Guatemala, Haïti, Hong Kong, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Philippines, Sénégal, Singapour, Taïwan, États-Unis d’Amérique, Zambie, et depuis 1992, Mongolie.

Ensemble avec les communautés dans lesquelles ils opèrent, les Scheutistes s’engagent pour annoncer l’évangile et travailler en vue d’un monde de justice et de paix, où l’on puisse offrir aux diverses cultures et religions des chances de rencontre et de dialogue. Leur devise est Cor unum et anima una, (un seul cœur et une seule âme) exprime bien leur projet de vie et leur désir d’unité et de collaboration.

P. André Loyson, cicm

 

  Numéros on line      

Les Missionnaires de Scheut célèbrent cette année les 150 ans de vie et d’activité de leur Congrégation, fondée par l’abbé Théophile Verbist et approuvée par le cardinal Sterckx, de Malines-Bruxelles en 1862. Cette famille religieuse, appelée ‘Congrégation du Cœur Immaculé de Marie’, enverra dans quatre continents plus de 3.000 missionnaires.

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