Du 18 au 20 novembre passé, le Saint Père a effectué au Bénin, comme prévu, le 22ème  voyage de son pontificat et son deuxième en Afrique.

 

Malgré le poids de l’âge, c’est avec grand sourire et joie réelle qu’il a passé son séjour au Bénin. Après les cérémonies d’accueil du gouvernement à l’Aéroport Bernardin Cardinal Gantin, ce fut un tour de la ville de Cotonou en Papamobile qui l’a conduit à la Cathédrale Notre Dame de la Divine Miséricorde de Cotonou où il a été accueilli par l’Eglise à travers le mot de son Excellence Mgr Antoine Ganye, archevêque de Cotonou et président de la Conférence Episcopale du Bénin. Il fut ensuite conduit à la nonciature de Cotonou. Il faut noter l’affluence innombrable des fidèles de l’Eglise catholique et de curieux, au bord des rues pour saluer le Saint  Père à son passage.

Sans répit le samedi,  il effectua en limousine à l’allée comme au retour, les  quarante deux kilomètres qui mènent à Ouidah où, après s’être recueilli devant les tombes du Cardinal Bernardin Gandin  et de  Mgr Louis Parisot, il eut une rencontre avec les prêtres, les religieux et religieuses, les séminaristes ainsi que les laïcs du Bénin.

C’est  à la Basilique de Ouidah qu’il signa l’exhortation apostolique post-synodale Africa munus qui conclue l’Assemblée spéciale pour l’Afrique du  Synode des Evêques d’octobre 2010.

 

Des rencontres

Le lendemain,dans une ambiance de grande dévotion et  solennité, avec l’assistance de près de 60.000 personnes, parmi  lesquelles des pèlerins venus des pays voisins et du reste de l’Afrique, le saint Père a célébré le Christ Roi, au Stade de l’Amitié de Cotonou plein à l’intérieur comme aux alentours,

Durant ces trois jours de visite, c’est effectivement une liesse populaire qui a été observé dans la ville de Cotonou. Le saint Père en ces 54 heures de visites au Bénin a rencontré tous : vieux, jeunes et enfants; bien portant et souffrants, hommes de toutes confessions religieuses, simples chrétiens, pasteurs, futurs pasteurs, autorités de tout genre.

Derrière lui, Benoît XVI laisse une église du Bénin joyeuse et fière qui a sans doute, au-delà des crises qui la secouent encore, recouvré sa dignité.

Il a appelé les uns et les autres à une vie chrétienne qui rayonne de la lumière du Christ, une vie chrétienne basée sur une foi authentique. Une foi qui, entre tradition et modernité, doit être vécue «en évitant les écueils qui existent sur le continent africain et ailleurs, par exemple la soumission inconditionnelle aux lois du marché ou de la finance, le nationalisme ou le tribalisme exacerbé et stérile qui peuvent devenir meurtriers, la politisation extrême des tensions interreligieuses au détriment du bien commun, ou enfin l’effritement des valeurs humaines, culturelles, éthiques et religieuses».

Le Saint Père vient une fois encore de nous prouver que la force de l’amour est plus forte que le poids de l’âge.

 

Les souvenirs

Le premier: Qu’est-ce que le Pape aura porté dans son esprit et le cœur de ce second voyage dans ce continent, et plus particulièrement au Bénin? Question qui peut sembler inutile, mais à laquelle on pourrait donner une réponse, qui aille au-delà de la simple curiosité.

Dans ses adieux à l’aéroport international de Cotonou le dimanche 20 novembre, le Pape nous a passé au moins une partie de la réponse, qu’il complétera à Rome. Pour le Pape ont été trois jours de «joie et chaleur»; jours où il a connu «la chaleur et l’enthousiasme de la population du Bénin”; jours pour lesquels il s’est senti obligé de rendre grâce à Dieu, aux autorités et à tous les bénévoles pour leurs efforts pour rendre son séjour agréable, à remercier tous les membres de l’Eglise catholique et les présidents des conférences épiscopales nationales et régionales du continent, et naturellement et en particulier les évêques du Bénin. Il a également avoué son désir de visiter l’Afrique à nouveau “pour laquelle je ressens une affection particulière et une estime, comme j’ai l’intime conviction que c’est une terre d’espoir.” Il a ajouté, “une terre de valeurs authentiques, capables d’enseigner au monde” et qui ne demande que de se développer avec l’aide de Dieu et de la détermination des Africains.”

A la question: qu’est ce que cette visite nous a laissé? La réponse peut être double: l’officielle, et  personnelle, celle que chacun a vécu au cours de cette visite. Dans toutes les rencontres de son programme chargé et varié, Benoît XVI a écouté et parlé, une vraie catéchèse, depuis son arrivée à l’aéroport dans l’après midi du vendredi 18. Comme il a voulu bien expliquer, dès l’arrivée, les raisons de son voyage.

 Tout d’abord, répondre à l’invitation du Président Yayi Boni lui-même à visiter le pays et des évêques de conclure les célébrations du Jubilé des 150 ans depuis le début de l’évangélisation comme une deuxième raison, sa volonté de signer et de livrer en terre africaine  l’Exhortation Apostolique “Africae munus” (L’engagement de l’Afrique), et enfin, une raison «plus personnelle ou sentimentale, prier sur la tombe du cardinal Bernardin Gantin et de remercier le Bénin pour avoir donné à l’Eglise ce fils éminent”.

 

Le document

Mais sans aucun doute,  son plus grand cadeau était la remise en terre africaine du document post-synodal Africae munus «L’engagement de l’Afrique», tiré des conclusions du deuxième Synode spécial pour l’Afrique tenu à Rome en Octobre 2009. Son titre est déjà tout un programme, «l’Église en Afrique au service de la réconciliation,  de la justice et de la paix.» A la fin de l’Eucharistie solennelle du dimanche 20 au Stade de l’Amitié de Cotonou, le Pape a donné le document aux présidents des conférences nationales et régionales épiscopales sur le continent. Quelques instants plus tard, pendant la prière de l’Angélus, Benoît XVI a confié à Notre-Dame  l’évangélisation de l’Afrique nouvelle qui s’ouvre pour l’Église en ce continent.

Quant à ce que la visite du pape qui a laissé à chacun de ceux qui ont participé ou suivi  en quelque sorte le programme, la réponse peut avoir de nombreuses nuances.  Dans les rencontres et dans la rue, c’est d’abord et avant tout un véritable bain de la foi qui est venu non seulement des chrétiens, mais pour beaucoup de gens de bonne volonté, c’est un amour renouvelé pour l’Eglise, sans doute motivé par la simplicité d’un vieux Pape et proche des gens sans trop de protocole; la reconnaissance publique de ce que signifie d’être chrétien et catholique, et l’engagement que demande le baptême . Dans cet ordre d’idées, les mots «réconciliation, justice et paix» ont été lus sur tant d ’affiches partout dans la ville, et repris en chœur dans les chants, la prière et les danses et sans doute accueillis dans de nombreux cœurs. Tout un travail, un engagement sincère! Comme on pouvait le lire sur de nombreuses affiches et banderoles en langue fon, «Benoît XVI, Wezon! (bienvenue)” et un merci infini pour être venu parmi nous.

 

La joie de la fête

Est-ce que la visite du Pape peut-on  la réduire à une simple fête? Qui pourrait négliger l’importance de la fête! C’est l’Afrique, où le chant, la danse, la joie de la vie est dans le sang. Aucune image en mouvement comme une mère qui danse avec son bébé sur son dos, l’enfant qui agite les bras et les pieds dans le désir de suivre le rythme de la mère. La joie d’accueillir un pape âgé de 84 ans, amical et souriant dans une société où les personnes âgées jouissent d’un respect et de vénération majeure.

Il ne fait aucun doute que la visite d’un Pape entraîne des coûts supplémentaires. Mais quelle joie de voir la ville rajeunie de Cotonou: le nettoyage des rues et des avenues principales, les murs des maisons repeintes, les bosses et les nids de poule arrangés, la disparition des nombreux camions qui envahissent certaines zones de la ville, ... et une grande  joie dans les gens., “il serait bien que le Pape vienne nous visiter au moins une fois par an, disait-on à travers tout Cotonou.” Et en parlant de coûts, on ne doit pas oublier que les catholiques se sont cotisés et aussi d’autres gens de bonne volonté, pour accueillir le Pape. La  Conférence épiscopale a invité à collaborer avec les CFA 500 (un peu moins d’un euro). Ce qui est digne de toute louange.

Mais au-delà tout cela nous devons rappeler la  préparation spirituelle qu’on a partout organisée pour la visite.  Des conférences sur l’Église et la figure du pape, le jubilé de 150 ans d’évangélisation dans le pays, l’engagement des chrétiens à travailler pour la réconciliation, la justice et la paix (thème du Synode et de la lettre synodale) ... et beaucoup de prières pour les fruits de la visite. Sans crainte de se tromper, on pourrait dire qu’une bonne partie du fruit de la visite papale a déjà été atteint avant l’arrivée du Pape. Et en plus, la tâche qui nous attend, la catéchèse riche dans tous les discours que le Pape nous a adressés, l’étude, la prière et la mise en œuvre du document post-synodal,tâche qui nous attend: catholiques, gens de bonne volonté, le continent tout entier.

Sc. Alex Canisius METIN

& Juan José Tenias, mccj

 

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