En 2005, on comptait 191 millions de migrants dans le monde: 115 millions dans les pays développés et 75 millions dans les pays en développement. Au cours des cinq ans suivants, sous l’effet de la crise, les flux migratoires ont ralenti remarquablement. Mais ils ne s’arrêtent pas. Pas de pause, non plus, pour la plus grande transformation sociale, économique et environnementale de l’histoire: l’urbanisation de l’humanité. 1950-2050 sera appelé le siècle de la ville. L’Afrique est le continent – dans le monde - en train de s’urbaniser le plus rapidement. En 2050 il y aura en Afrique 1,2 milliard: un quart de la population mondiale. L’urbanisation posera des problèmes sociaux, politiques et financiers toujours plus sérieux. On ne peut pas oublier que 50% de la population urbaine actuelle vit dans des slums.

Et que les acteurs économiques de la planète sont en train de se déplacer. Les plus importantes compagnies qui fabriquent ne sont plus occidentales, mais asiatiques. La Tata, indienne, est le plus grand fabricant de voitures et camions du monde. Elle est aussi propriétaire des ‘marques’ Land Rover et Jaguar, deux icônes de la puissance industrielle anglaise. La plus grande multinationale de la bière est la compagnie sud-africaine qui contrôle plus de 200 marchés dans tous les continents (c’est la South African Breweries Ltd.).

Les grands médias (cinéma, télévision, internet) proposent des réalités culturelles et des rapports sociaux capables d’exercer une grande influence sur les choix des individus, dans le cinq continents. Bollywood, la production annuelle de films en hindi a dépassé celle de Hollywood déjà depuis les années septante du siècle dernier (20 millions de spectateurs en Inde, chaque jour).

 

Devant nous

Le monde qui nous attend est un «monde toujours plus brisé»: C’est la conclusion d’un travail sur l’écologie, fait par Promotio Iustitiae, un Groupe d’experts, Jésuites et laïcs, publié récemment (Secrétariat pour la Justice Sociale et l’Écologie de la Curie Généralice de la Compagnie de Jésus, à Rome).

La détérioration de l’environnement causée par l’activité humaine a pris une importance décisive pour l’avenir de notre planète et pour les conditions de vie des générations futures.

Le monde dans lequel nous vivons n’est pas le paradis dont nous rêvons, bien au contraire. La majorité des problèmes ont été créés par les êtres humains et semblent empirer. Dans tous les continents.

Amérique latine. Parmi les causes de la pauvreté des masses, de la violence et du déplacement des populations de leurs milieux: les exploitations minières à grande échelle, l’appropriation des meilleures terres pour l’agriculture commerciale et l’élevage de bovins.

Europe. Elle est appelée à gérer les gaz à effets de serre (20% d’ici 2020) et devra également s’adapter à de nouvelles circonstances climatiques: diminution des réserves dans les régions alpines d’où provient 40% de l’eau douce, causée par la hausse des températures moyennes, mais aussi une plus grande quantité de précipitations dans certaines régions. 20% de l’énergie européenne devrait venir de sources renouvelables (vent, soleil, marée, énergie biologique, etc.) d’ici 2020. L’un des plus grands problèmes en Europe est le traitement des immenses quantités de déchets générés tant par l’activité industrielle que par la consommation. Les matières usagées telles les métaux, plastiques, papiers et autres matériaux sont expédiés principalement en Asie.

Asie du Sud. Dans un passé récent, à une fréquence alarmante, plusieurs parties des pays de l’Asie du Sud ont été dévastées par des inondations sans précédent, des cyclones et des sécheresses Les préoccupations écologiques étaient traditionnellement vues comme une préoccupation occidentale. Toutefois, aujourd’hui, la protection de l’environnement doit être considérée comme l’une des questions les plus urgentes.

Asie –Pacifique D’un point de vue environnemental, l’état des choses empire dans la région de l’Asie-Pacifique. La pollution de l’air et de l’eau en région urbaine s’intensifie et l’érosion et la raréfaction de l’eau s’accélèrent. Les désastres liés au climat sont en hausse.

Il faudra s’attendre à des phénomènes météorologiques extrêmes ainsi qu’à des risques hydrologiques (tels les inondations et les sécheresses) qui deviennent plus fréquents.

Amérique du Nord. La dépendance envers les combustibles fossiles est un problème fondamental en Amérique du Nord. Historiquement, les États-Unis ont été le plus grand émetteur de gaz à effet de serre de la planète (dépassant la Chine durant la dernière décennie), alors que le Canada se situe au septième rang. Alors que la production alimentaire n’a jamais été aussi grande, l’agriculture industrielle s’effectue à un prix environnemental externe très grand, y compris une déforestation élargie, une perte des sols, des nappes phréatiques réduites, l’accumulation d’herbicides et de pesticides, la pollution des rivières, des zones maritimes côtières mortes, ainsi que la dissémination incontrôlée d’organismes génétiquement modifiés dans l’environnement.

Afrique. Les questions environnementales africaines sont intrinsèquement liées aux ressources naturelles et à la pauvreté. L’Afrique est riche en ressources minières et pourtant, ce continent possède le pourcentage le plus élevé de personnes pauvres au monde. Pour la plus grande partie de l’Afrique, l’activité économique principale reste l’agriculture. Celle-ci assure la subsistance et l’emploi de 70 % de la population. Les industries minières, particulièrement en Afrique centrale et méridionale, qui sont dirigées par des compagnies multinationales, se préoccupent davantage de l’extraction du minerai que du bien-être de la population ou de l’environnement.

 

Ressources et problèmes

Des communautés entières sont fréquemment déplacées pour céder la place aux industries minières, endommageant ainsi de manière permanente la relation que les gens entretiennent avec la terre de leurs ancêtres. En contrepartie d’une compensation presque toujours inadéquate, les populations perdent leurs moyens de subsistance. En outre, les profits des compagnies minières ne sont pas réinvestis dans les communautés d’où l’on extrait le minerai.

Certaines compagnies ignorent sciemment les politiques de protection environnementale nationale alors que d’autres offrent des pots-de-vin aux fonctionnaires gouvernementaux pour échapper aux sanctions. Le Nigéria est complètement dévasté par les conséquences écologiques des déversements incessants de pétrole, les extractions minières irresponsables et sans doute la pire inflation des prix de l’essence au monde, alors que le delta du Niger constitue une menace grave à la sécurité, non seulement pour la région de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi pour la paix mondiale.

Les changements climatiques affectent la production de denrées alimentaires et limitent dramatiquement la capacité économique de l’Afrique à réduire la pauvreté. En Zambie, l’intensité et la fréquence des périodes de sécheresse et des inondations ont augmenté. Une grande partie du continent, particulièrement les pays enclavés comme le Tchad, font face à des défis significatifs résultants de la désertification. Tout cela accentue les inquiétudes pour l’approvisionnement en eau.

Cette terre est «un bien dont l’être humain n’est pas le maître, mais l’administrateur.»

La Doctrine Sociale de l’Eglise nous rappelle que «la protection de l’environnement constitue un défi pour l’humanité tout entière: il s’agit du devoir, commun et universel, de respecter un bien collectif ». On est appelé à «transformer fondamentalement notre façon de répondre à la tâche urgente qu’est la réconciliation avec la création.

La création, ce don de vie que Dieu nous fait, est devenue matérielle, exploitable et commercialisable. Rempli de paradoxes, le monde nous rend confus et nous accuse, mais nous donne malgré tout des signes d’encouragement. Nous y retrouvons tout à la fois la peur, le bouleversement, la souffrance et le désespoir, mais également des expressions d’espoir et de confiance.

Nous sommes tous responsables, certains plus que d’autres; tous nous en subissons les effets, certains plus que d’autres. Justifiés par les prouesses technologiques et consumés par l’appât du gain, trop d’êtres humains continuent de dominer et de violer la nature dans leur avancée vers le «progrès»; trop peu d’entre nous reconnaissent les conséquences de nos actions.»

Ae

 

Toujours plus brisé

  Numéros on line      

Nous sommes en pleine globalisation. Entre 1815 et 1914, plus de 60 millions d’individus quittèrent l’Europe pour rejoindre les Amériques, l’Australie, le Sud-est asiatique et certains coins d’Afrique. Dans les mêmes années, plus de 30 millions de Chinois migrèrent vers les Amériques, l’Afrique australe et les îles de l’océan Indien. Deux millions d’Indiens se déplacèrent vers l’Afrique orientale et australe…

 

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