Pour revenir aux temps présents, n’est-ce pas que c’était déjà prévu, aux Etats-Unis, surtout à partir de 1874, puis 1878 par les Etudiants de la Bible, suivant les prévisions de Charles Russell? Ou en 1914, lorsque après la destruction des toutes les institutions de ce monde suivra l’établissement du Royaume de Dieu.? D’année en année, scientifiques, écologistes, religieux, sectes, charlatans, répétaient le message des événements qui, finalement, n’offraient que des détails du programme sans rien apporter de concret: enlèvement des saints au ciel; destruction complète de la terre; anarchie totale; résurrection des personnages de la Bible; extraterrestres détruisant la terre à coups de laser; raz de marée provoqué par une chute de météores; collision d’astéroïdes; déglaciation des pôles; boule de feu explosant la terre; choc entre planètes; guerre nucléaire…

 

La fiction

Plusieurs savants et de nombreux ‘prophètes’ ne cessent d’annoncer la fin du monde: faut-il continuer à leur faire foi? L’année 2000 particulièrement a été prolixe en révélations: destruction du monde par Satan, un cataclysme détruisant les Etats-Unis et la majeure partie de l’Europe; guerre civile en Inde; choc avec d’autres planètes; apocalypse nucléaire à la suite de bombardements effectués par les Russes; tremblements de terre, changements climatiques; émission de gaz mortels due au déplacement du pôle sud de l’axe de la terre; etc.

   Aujourd’hui, à la fin de 2012, le monde est encore là, faut-il dès lors paniquer puisque avant sa mort en 2011, l’américain José Argüelles, se basant sur le calendrier maya (Colombie, Mexique), avait annoncé pour le 21 décembre 2012, la fin d’un cycle et le début d’un nouveau cycle, ce qui a été interprété par des experts en la matière comme la fin du monde! Mais non, ne paniquons pas!

Certains scientifiques du monde –des vrais comme des pseudos – ont accompagné la fin du deuxième millénaire et l’entrée dans l’actuel avec des annonces souvent terrifiantes. Rien de nouveau! Par exemple, l’existence de la Planète X, qui le 21 décembre 2012 effectuera une collision avec notre Terre et la détruira. Une nouvelle que la NASA sur son site a définie ‘pure fiction’: les scientifiques dignes de ce nom savent que 2012 n’est associé à aucune menace particulière… Si la Terre risquait d’être heurtée par un astéroïde ou par une planète, les instruments astronomiques actuels auraient déjà repéré un tel objet depuis au moins dix ans.» C’est une vision confirmée à l’aide des chapitres 38 et 39 d’Ézéchiel: le conflit décisif entre les forces du mal et du bien, la guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, guerre par laquelle Dieu punirait les méchants!

Il y a aussi des groupes musulmans qui arrivent jusqu’à affirmer que Obama serait un signe de la fin du monde!

 

Programmé!

Ce que des groupes plus ou moins chrétiens annoncent aujourd’hui, obéit à une vision qu’on résume sous le vocable de dispensationalisme. Un mot, répandu plutôt dans le monde anglophone, provenant de l’idée maîtresse que l’histoire du monde est divisée en sept âges ou dispensations. Nous serions en train de vivre actuellement la fin du sixième âge, les yeux ouverts sur le retour de Jésus qui finalement inaugurera son glorieux règne de mille ans réservé aux saints.

Des idées mises au point au 19è siècle et que maintenant on retrouve répandues aussi en Afrique. Une vision du monde et de l’histoire qui, si d’un côté peut nous rendre plus conscients que notre histoire fait partie d’un projet de Dieu, de l’autre peut encourager une attitude de fatalisme et de passivité. Une lecture trop simpliste de certains textes (livre de Daniel, Apocalypse, certains passages d’Ézéchiel, Joël ou Sophonie, etc.) et de la place qu’ils font aux fléaux, encouragent à interpréter toutes les difficultés et tous les problèmes qui se présentent comme ayant été prévus en tant que signes avant-coureurs de la fin des temps. Il va de soi que si tous ces désastres ont été programmés par le Créateur, ils sont par définition inévitables.

   Voilà pourquoi une conception pareille risque d’engendrer inertie et résignation, là où la situation demanderait, au contraire, qu’on s’engage pour résoudre les problèmes de nos sociétés.

Le souci d’ouvrir une fenêtre sur le mystère de la fin des temps et de la conclusion du projet de la création ne doit pas ignorer un aspect qui est indissociable de la vie terrestre du Christ. Il a vécu l’expérience quotidienne qui est la nôtre: l’ignorance du futur, de ce qui nous attend demain. Il sait tout, mais il se soumet à l’inconnu, car il a totalement partagé la condition humaine.

La fin du monde? Ce n’est pas sa mission de la révéler, répondit-il aux apôtres qui n’étaient pas moins curieux que nous et qui auraient aimé bien la connaître.

 

La fin, c’est l’espérance

«Notre foi a tout ce qu’il faut pour nous pousser à ne pas avoir peur de ce qui nous attend, à croire que notre histoire a un sens, à la victoire du bien sur le mal- écrivait en 2009 l’évêque de Huesca, Espagne, Mgr J. Sans Montés -. Notre religion n’est pas seulement tradition, conservation obstinée d’un passé glorieux (la résurrection du Christ, le sang des martyrs et des innocents, le bien accompli par tant de gens au cours des siècles).

   Elle veut nous ouvrir à l’avenir. Notre Dieu n’est pas seulement celui des merveilles accomplies dans le passé: il est le terme de l’histoire. Il n’est pas seulement au-dessus ni au-dedans, mais en avant de nous. Le chrétien est invité à s’engager résolument dans le monde d’aujourd’hui, au service de ses frères et sœurs, à coopérer à l’avènement d’un monde où justice et paix s’embrasseront.

   Les doctrines qui font recours à l’apocalypse et annoncent que le retour du Christ sur terre ne peut tarder, attirent sans doute l’attention de beaucoup de gens et représentent aussi une tentative de réponse au problème du mal et à l’exigence d’un jugement. Mais elles peuvent ouvrir la porte à l’imagination, aux prévisions et aux calculs les plus fantaisistes, à des prévisions se permettant d’établir qui sera sauvé et qui ne le sera pas.

En lisant l’Évangile, on pourrait avoir l’impression que Jésus lui-même a un jour adopté un style provocateur: «Après une terrible détresse, le soleil s’obscurcira et la lune perdra son éclat. Les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées...»

   C’était pour susciter dans son auditoire un comportement nouveau: à quoi cela sert-il que vous m’écoutiez s’il n’y a pas ensuite un changement réel dans vos vies? Cette description apocalyptique de l’Évangile de Marc (13,24-25), terrible en soi, le serait encore plus si tout finissait là. Mais ce ne sont pas le cataclysme, la barbarie, les injustices et les abus que nous présente l’actualité quotidienne de n’importe quelle période de l’histoire, qui auront le dernier mot.

   L’Évangile propose un message d’espérance, une invitation à préparer déjà cette fin remplie d’espoir. «La fin, c’est l’espérance. Car après toutes les ténèbres et tribulations, après toutes les horreurs et erreurs de notre marche humaine, le Fils de l’homme viendra pour nous annoncer sa Parole éternelle, celle qui est à l’origine de tout, la seule qui ne passera pas, pour nous restituer avec force et tendresse la vérité de notre vie. Il ne s’agit pas de craindre cette fin impitoyable, mais de la vivre en osant écouter déjà chaque jour cette Parole dernière que nous écouterons des lèvres de Jésus Christ.

«L’auteur de l’Apocalypse invite ses lecteurs à éviter toute accommodation avec la réalité de l’ordre de l’empire romain. Un message invitant les chrétiens africains à ouvrir les yeux sur la réalité qu’ils sont en train de vivre.

La foi dans l’empereur n’a-t-elle pas des ressemblances avec l’adulation organisée des hommes d’Etat qui exigent qu’on les respecte tandis qu’ils sont en train de dépouiller les pauvres de leur espérance?» (The African Bible).

Notre monde n’a-t-il pas besoin de témoins qui écoutent cette parole et qui en témoignent en toute situation et circonstance?

   La liturgie le répète, pleine de confiance:

«Dieu, nos fleuves vont charriant leurs eaux.

Ignorant des lendemains,

Toi qui tiens déjà le dernier mot,

Tu connais le Jour et l’Heure.

Toi qui aimes, qui accueilles,

tu prépares la Demeure»

(Prière du Temps Présent)

N.Y et M.M.

 

La fin du monde

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La fin du monde s’approche. On l’annonce depuis. C’est à prendre au sérieux cette idée qui de temps en temps hante le monde sans résultats visibles?

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