La guerre de l’eau

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Le Nil est non seulement le fleuve le plus long de l’Afrique, mais avec ses 6.661 kilomètres de longueur il bat tous les records de la terre. Selon les Services Secrets des USA, si rien n’est fait dans les prochaines dix années pour trouver un accord entre les onze pays africains, une guerre de l’eau est hautement probable.

 

Entassés

Déjà en 1979, le président de l’Egypte, Anouar el-Sadate, après avoir signé le traité de paix avec Israël, s’était exclamé: «Désormais la seule cause d’une guerre certaine dans laquelle notre pays serait partie prenante ne pourra être que l’eau du Nil ».

En effet le «statu quo» (= situation acceptée par tous les pays intéressés) date de 1929, au temps de la colonisation. Ce traité prévoyait que les 90% de l’eau du Nil étaient utilisés par l’Egypte et le Soudan.

L’Egypte, par exemple, avec ses 82 millions d’habitants, doit les entasser sur les bords du Nil, sur une bande de terre fertile de 45.000 kilomètres carrés. Tout le reste du pays (presque un million de km2) n’est que sable et désert.

   Les autres pays, intéressés à l’eau du Nil, sont de plus en plus mécontents de la situation actuelle et n’acceptent plus le traité de 1929, mis à jour en 1959.

En effet les 400 millions d’habitants qui vivent aujourd’hui des eaux du Nil, seront au moins 700 millions en 2030. La question est grave et les pays du bassin du Nil n’ont pas réussi à se mettre d’accord pour un partage équitable des eaux. L’Egypte, qui utilise 55 millions de mètres cubes d’eau du Nil sur les 80, selon les Nations Unies, souffre de la « soif ».

   L’Ethiopie, qui a déjà 90 millions d’habitants, veut profiter des pluies qui tombent sur ses montagnes et qui coulent dans le Nil Bleu vers Khartoum. C’est là que le Nil Bleu (= bleu, parce que ses eaux sont moins riches de limon et donc plus propres) rejoint le Nil Blanc (dont les eaux sont riches de la boue qui vient des immenses marécages du Soudan du Sud et qui lui donne la coloration jaunâtre). De Khartoum jusqu’à la Mer Méditerranée, le Nil coule paisiblement en formant six cataractes et sans recevoir un seul affluent.

La Tanzanie, avec ses 46 millions d’habitants, puise l’eau du Lac Victoria pour l’irrigation des terres du côté de Tabora. En 2013 ce pays a l’intention de réaliser un autre grand projet pour permettre l’agriculture dans des zones où les pluies se font de plus en plus rares.

Mais l’Egypte se plaint et commence à hausser le ton de sa voix, parce qu’elle réclame la majorité des eaux du Nil, selon les traités de 1929 et de 1959, traités que les pays de l’Afrique Centrale ne reconnaissent plus, parce que signés au temps de la colonisation. Le problème de l’eau est de plus en plus sérieux.

   Même Israël est intéressé au fleuve Nil. En effet les Egyptiens ont réalisé le canal Al-Salaam qui porte l’eau du fleuve africain jusque dans le Sinaï, à seulement 40 kilomètres des frontières israéliennes. Se brancher à ce canal pour l’Etat Juif devient techniquement possible. Les pluies ne font que diminuer dans toute l’Afrique et l’étiage du Nil ne fait que baisser. Les changements climatiques ont des conséquences négatives en Afrique Centrale.

Cette région qui était connue comme celle des Grands Lacs risque de connaître une pénurie d’eau, qui sera sans aucun doute source de conflits et cause probable d’une guerre, la guerre du Nil, si rien n’est fait pour trouver un accord pour le partage équitable des eaux du fleuve le plus long de l’Afrique.

TF

 

Les changements climatiques au niveau mondial provoquent, aussi dans le bassin du Nil, une diminution des pluies : les conflits entre pays qui utilisent l’eau du fleuve le plus long de l’Afrique pour cette raison, ne font qu’augmenter. Un sujet dont Ae avait parlé  il y deux ans, mais qui garde toute son actualité.

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