|
L’Histoire de l’Afrique chrétienne, nous le savons, a été indexée et conditionnée par la générosité historique et les intérêts (avoués et inavoués) de l’Occident chrétien, toutes confessions confondues. Aujourd’hui, en conséquence des progrès de l’humanité, le cœur des citoyens du «village mondial», comme un navire en perdition, a pris une direction plus que dangereuse: il a tendance à ne plus s’ouvrir à la lumière de Dieu, il regimbe et spontanément lui résiste, entraînant l’homme à des faux-fuyants, car l’attrait du monde est immédiat, - « le souci du monde et la séduction des richesses étouffent la Parole, et (le grain) reste sans fruit» (Mt. 13, 22) - parce que notre corps est charnel (veuillez me passer ça !), tandis que la joie du ciel est si éloignée, sans mainmise directe, visible, sur les urgences de l’éphémère quotidien. «La fascination de la frivolité obscurcit les vraies valeurs» (Sag. 4, 12). Et immergés dans ce nouvel univers humain avec ses nouvelles contraintes, nous les Africains chrétiens, plus ou moins « évangélisés » ou quelque peu instruits des choses de la Bible par des missionnaires dévoués et martyrs même, nous voici laissés à nous-mêmes, confrontés aux défis d’une foi rongée ailleurs par la psychose d’un monde « qui n’y croit plus tellement »… Tenir haut le flambeau de la foi en Christ, pour nous, chrétiens d’Afrique, signifie quoi exactement? Et comment «faire la passe» au reste du monde de notre enthousiasme pour Jésus-Christ? Notre désir profond de vivre dans la sérénité, de nourrir la paix, notre soif d’harmonie et d’équilibre, notre faim inassouvie de communion-solidarité avec Dieu, les autres et la mère-nature, cet environnement sacré car porteur de vie, nos traditions les plus authentiques ne les ont-elles pas toujours favorisés ? Nous avons le devoir de conserver et de sauvegarder l’esprit de nos traditions humaines et religieuses africaines. Sans remettre en cause l’ambition du progrès social et technologique, tant que cette ambition ne nous aveugle pas, détruisant notre âme dans sa spécificité, à l’exemple pernicieux des autorités vénales qui, pour de l’argent éphémère, permettent la destruction de nos forêts équatoriales séculaires et ferment les yeux face à la pollution de nos rivières et terres ancestrales par les résidus du pétrole, comme au Nigeria ... Et à cette vue nos cœurs impuissants se déchirent… Un nouvel ‘aggiornamento’, à travers un genre des « états généraux de la foi » en ses multiples expressions vécues en Afrique, s’impose à toutes les petites communautés de vie de tous les croyants en Jésus Christ. Restructurons-nous mentalement (le Saint-Père dit : ‘’Inventons…’’ : nos CEVB ne me semblent plus du tout être des lieux de ‘’restructuration mentale’’, par exemple, d’où: elles sont délaissées par des personnes-ressources, parce que sans intérêt significatif et porteur…) pour faire de ces milieux de vie divers et multiples des lieux de refondation de notre foi en actes, à l’impact visible, mais des lieux de rencontres où tous et chacun à leur niveau, jusqu’aux politiques qui président à la destinée de nos nations, puisent lumière d’intelligence, force intérieure et dynamisme créateur pour ‘’aller de l’avant’’. Milieux de vie et rencontres des croyants gagneront en attrait, et la foi en authenticité évangélique. L’objectif de la Nouvelle Evangélisation. Qui contredit? |
|
L’Afrique porte-flambeau de la nouvelle évangélisation? |
|
A. Kibwila Alphonse Marie de la Croix |