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L’Afrique du Sud est l’un des pays vers lequel beaucoup de congolais se déplacent. Les défis majeurs que rencontrent les étrangers qui y vivent, en particulier les congolais, ainsi que les avantages qu’ils y jouissent sont déjà des éléments clés pour estimer les bienfaits et méfaits de ce mouvement migratoire.
En effet, par voix aérienne ou routière, le voyage entre la RDCongo et l’Afrique du Sud est facile. La route entre Lubumbashi et Johannesburg, passant par la Zambie et le Zimbabwe est bien opérationnelle. En outre, les relations diplomatiques entre l’Afrique du Sud et la RDCongo sont bonnes. Est-ce pour autant qu’il n’y a pas de défis pour des Congolais vivant en Afrique du Sud?
Des différences Tout déplacement suppose un changement. Les réalités politiques, sociales et culturelles en Afrique du Sud sont tout autres. Hormis les différences auxquelles toute personne préparée peut s’adapter, entre autres le climat et la langue, il y a encore bien d’autres qu’on ne peut pas ne pas remarquer. La RSA est un pays rapidement avancé en démocratie, cosmopolite, muni des infrastructures bien aménagées. Ce sont ces aspects qui, sans doute, attirent les étrangers. Pourtant, ce pays qui fait la fierté de l’Afrique n’est pas un paradis. On rencontrerait dans la même nation des tendances racistes ou tribalistes, notifiées même au sein de certains partis politiques, l’insécurité remarquable, surtout dans de grandes villes et leurs périphéries où les cas de vols et meurtres sont fréquents, des tendances discriminatives et xénophobes, la corruption, le Sida, les écarts des niveaux de vie très grands et tant d’autres. Cependant, tout ceci semble être bien intégré dans une atmosphère de développement. Depuis le 27 avril 1994, date de libération, la RSA se reconnait comme un Etat libre et démocratique. Les blancs, dont la plupart sont d’origine anglaise et allemande, les métis, les indiens et les autochtones noirs ont senti la nécessité de se reconnaitre tous sud-africains, de vivre et de travailler dans un même Etat. C’est bien dans ce contexte que s’ajustent une multitude d’étrangers venant des pays d’autres continents et d’Afrique (Zimbabwe, Mozambique, Nigeria, Congo, Ethiopie etc.). Concernant les congolais, les domaines auxquels ils sont orienté sont si diversifiés qu’on ne peut tout catégoriser. Mais la plupart y sont pour les affaires, les études et le travail. Les affaires sont personnelles et dépendent des intérêts que chaque personne y trouve; les petites affaires personnelles n’engagent généralement pas l’Etat. Un bon nombre de jeunes étudiants congolais fréquentent ces universités, ainsi que des collèges: - UJ: University of Johannesburg - TUT: Tshwane University of Technology, (cette institution a beaucoup de campus, le principal est situé à Pretoria West) - Tukkies: University of Pretoria (située a Pretoria) - VUT: Vaal University of Technology (le campus principal est situé à Vaal) - UKZN: University of KwaZulu Natal (située à Pietermaritzburg. Mais un autre campus de la même institution est situé à Durban). - UCT: University of Cape Town (située à Cape Town). Malheureusement, pas comme certains autres étudiants étrangers (Rwandais, Gabonais, Tanzaniens etc.) qui sont pourtant aussi africains, les étudiants congolais, même les plus doués, se retrouvent souvent sans aucun support de leur gouvernement. En plus, avec le « study permit » ils obtiennent difficilement l’inscription dans des établissements désirés, paient plus cher et n’ont pas les mêmes droits que les autres étudiants. Malgré ces faits difficiles, ils profitent bien des moyens que les universités sud-africaines disposent, surtout dans les domaines scientifiques et techniques. Toutes ces grandes universités sont aménagées des ordinateurs, des laboratoires et ateliers appropriés à chaque domaine. Cependant, il reste à savoir si, après avoir acquis cette riche formation, ces jeunes ont intérêt à retourner pour servir l’Etat congolais. Le problème le plus compliqué, parmi tant d’autres que les étrangers rencontrent en Afrique du sud, c’est celui du travail. Quelle serait la situation de ceux qui quittent le Congo dans l’espoir de trouver un bon boulot en Afrique du Sud? Dans le domaine de l’emploi, les gouvernants sud-africains également semblent ne pas honorer leur promesses. Les crimes, la prostitution et les discriminations se justifient encore par le chômage alors que le slogan de l’ANC, parti majoritaire au pouvoir, lors de sa dernière campagne électorale était: «Job Creation».
Des promesses Le chômage demeure encore un grand défi pour l’Afrique du Sud. Pour cela, quand il est question d’offre d’emploi, une grande priorité est accordée aux Sud-Africains à tel point que la compétence compte parfois moins. Même des entreprises privées qui peuvent engager un bon nombre de personnel telles que Shoprites, Checkers, privilégient les nationaux d’abord. Mais les étrangers survivent à cause de leur savoir-faire, créativité, patience, courage et persévérance. Au fond, les avantages ne leur sont pas accordés. Cependant, des personnes qualifiées ont eu plus chance aussi longtemps que l’Etat sud-africain s’est senti dans le besoin. Quand même la situation est entrain de changer. Le gouvernement en a pris conscience et récemment certains députés ont qualifié comme une vraie xénophobie l’endurcissement des conditions pour obtenir le visa, au niveau du ministère des affaires intérieures: même pour ceux qui disposent des capacités appreciées dans le pays. En effet, des ingénieurs, enseignants et médecins congolais qui ont été engagés par le gouvernement sud-africain continuent de rendre toujours un très bon service et sont bien rémunérés. Du Congo, des personnes qualifiées se déplacent encore en Afrique du Sud; mais ils trouvent de moins en moins un travail adéquat. Certains médecins s’associent à ceux qui sont autorisés par l’Etat sud-africain, pour ouvrir de petits cabinets médicaux, en attendant des conditions plus favorables. Mais les choses ne seront probablement plus les mêmes; puisque, depuis 1994, tout Sud-Africain a droit a l’instruction, et peut accéder à n’importe quelle formation professionnelle, avec plus d’opportunités que les étrangers. Ainsi, la situation des étrangers vivant en Afrique du sud est très complexe; aussi cela affecte-t-il, d’une manière ou d’une autre, leurs pays d’origine. Gain ou perte? Quant à la RDC, ceci semble ne pas avoir trop d’impact alors qu’un effet ambivalent est à remarquer: C’est un gain et une perte à la fois. Le gain concerne surtout certains individus: ceux qui, en quittant leur pays d’origine en arrivant ici, ont trouvé quelque chose à faire. Certains arrivent même à acquérir une formation plus complète. De l’autre côté, cependant, il est évident pour ce qui concerne la RDC, que ce pays perd des personnes sur lesquelles il pourrait compter pour son développement. Des personnes qualifiées, par exemple les médecins qui se déplacent vers l’Afrique du Sud,ne sont-ils pas plus nécessaires pour la RDC? Il y a peut-être suffisamment de médecins à l’Hôpital général, dans les cliniques universitaires ou dans les grands hôpitaux des grandes villes. Mais qu’en est-il des périphéries et des villages éloignés? Plusieurs centres de santé ne sont jamais visités par des vrais médecins. Les conditions de travail et le salaire misérables encouragent les médecins congolais à chercher emploi ailleurs.
Nickel Mab, mccj, Durban |
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Migrer: gain ou perte? |
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Le Printemps |