Le monde actuel, grâce aux moyens de communication sociale, est comme un grand village. Il n’y a plus de vases clos, de régions habitées par des populations qui vivent dans un complet isolement. Il est possible d’aller partout, de rejoindre tous les patelins les plus reculés et les plus petits de la planète. Saint Paul, le plus grand missionnaire de la première génération chrétienne, pouvait se déplacer le long des 300.000 kilomètres des routes dallées de l’Empire Romain et profiter de la navigation sûre et rapide à travers la Mer Méditerranée.

 

Ils attendent

En effet il a été, en partant de Jérusalem, en Syrie, au Liban, à Chypre, en Anatolie, en Macédoine, en Grèce, en Sicile, à Rome et probablement jusqu’en Espagne, pour fonder des communautés chrétiennes et annoncer l’Evangile du Christ.

Benoît XVI, à l’imitation de l’apôtre Paul et des autres évangélisateurs, nous invite à aller dans les cinq continents pour diffuser la Bonne Nouvelle du salut. «Jésus, aujourd’hui comme alors (lire Matthieu 28, 19), nous envoie par les routes du monde pour proclamer son Evangile à tous les peuples de la terre» (Benoît XVI Lettre Ap. ‘Porta Fidei’, 17). Jean Paul II disait: «Les hommes qui attendent le Christ sont encore en nombre incalculable…  Des frères et sœurs, rachetés eux aussi par le sang du Christ, qui vivent dans l’ignorance de l’amour de Dieu» (Redemptoris Missio, 86). Les habitants du monde ont dépassé les 7 milliards, le 27/10/2011. Le continent le plus peuplé reste toujours l’Asie (4.295 millions d’habitants), suivi de l’Afrique (1.041 millions), et puis l’Amérique (928 millions), l’Europe (719) et finalement l’Océanie (38).

   Pour ce qui concerne la religion, les Chrétiens sont 2.200 millions, à savoir les 33% de la population du monde, les Musulmans 1.200 millions (18%), les Hindouistes 900 millions (16%), les Bouddhistes 396 millions (6%), les adhérents aux Religions traditionnelles 210 millions. Les Chrétiens sont donc un tiers de l’humanité (les Catholiques s’arrêtent aux 17,42% des habitants du monde). A juste titre, le Pape Benoît XVI reprend un texte de Paul VI qui dit: «La proclamation de l’Evangile n’est pas pour l’Eglise une activité facultative: c’est le devoir qui lui incombe, par mandat du Seigneur Jésus, afin que les hommes puissent croire et être sauvés. Oui, ce message est nécessaire. Il est unique. Il ne saurait être remplacé» (Evangelii Nuntiandi, 5). Le Cardinal John Njue, archevêque de Nairobi, face à la nécessité et à l’urgence de l’annonce de l’Evangile, disait à l’occasion de la fête de l’Epiphanie 2012: «Le sujet de l’annonce aux non Chrétiens est de ceux qui ne laissent personne dormir en paix, seulement en pensant que les non baptisés sont aujourd’hui dans le monde plus de 5 milliards…

   La voix du Macédonien qui invitait avec insistance Paul à traverser la mer Egée pour annoncer l’Evangile dans son pays aussi (Actes 16, 9) est celle de ces 5 milliards d’êtres humains qui demandent des messagers de la Bonne Nouvelle…!» Un autre Cardinal, l’archevêque de New York (USA), Timothy Michael Dolan, disait ceci, le 20 juillet passé: « Nous avons grandi en pensant que la Mission était quelque chose de lointain, qui concernait les Missionnaires…   Non, chaque Catholique est missionnaire!». Le Synode des Evêques qui se tiendra du 07 au 28 octobre 2012, se penchera sur la question de la nouvelle évangélisation et l’ouverture de l’année de la foi, prévue le 11 octobre 2012, constitueront des occasions propices en vue de la relance de l’activité missionnaire et de la coopération entre Eglises.

Dans son message envoyé à l’occasion de la Journée Mondiale de la Mission universelle de l’Eglise pour l’année 2012, Benoît XVI affirme: « La préoccupation d’évangéliser ne doit jamais demeurer en marge de l’activité ecclésiale et de la vie personnelle du Chrétien, mais elle doit les caractériser de manière forte en étant conscients du fait que nous sommes destinataires et, dans le même temps, missionnaires de l’Evangile. Le point central de l’annonce demeure toujours le même: le Kérygme du Christ mort et ressuscité pour le salut du monde, le Kérygme de l’amour de Dieu absolu et total pour tout homme et pour toute femme, qui a culminé au travers de l’envoi du Fils éternel et unique, le Seigneur Jésus qui ne dédaigna pas de prendre la pauvreté de notre nature humaine, l’aimant et la rachetant du péché et de la mort en s’offrant lui-même sur la croix».

 

Les bons mots

La foi en Dieu, dans son dessein d’amour réalisé dans le Christ, est le don le plus important qui nous a été fait au cours de notre existence. Et les martyrs l’ont bien compris. Au cours de l’année 2011, 26 martyrs ont donné leur vie pour rester fidèles à l’Evangile et au témoignage de la charité, selon l’enseignement de Jésus. Parmi eux il y a des prêtres, des religieuses et des laïcs: 6 en Afrique (sœur Jeanne Yegmane, tuée à Dungu en RD Congo, le 15 janvier; sœur Angelina, tuée au Soudan du Sud, le 17 janvier; le p. Marek Rybinski, assassiné à Manouba en Tunisie, le 18 février; le p. Awuor Kisero, tué à Nairobi, le 03 octobre; sœur Lukrecija Mamic, tuée à Kiremba au Burundi, le 27 novembre ensemble avec le laïc italien Francesco Bazzani), 15 en Amérique, 4 en Asie et un à Cartagena, en Espagne.

   Mais à cause des violences qui se sont produites dans plusieurs pays du monde, les martyrs chrétiens seraient beaucoup plus nombreux. Seulement au Nigeria ces dernières années ,les attaques aux communautés chrétiennes ont fait plus de dix mille victimes. Et au Moyen Orient? La moitié des Chrétiens de l’Irak a dû prendre la route de l’exil. En Syrie (où les Chrétiens représentent les 10% de la population) des communautés chrétiennes ont disparu et beaucoup se sont réfugiés dans les pays voisins ou en Europe.

Selon David B. Barret (1927-2011), chercheur américain spécialiste des Religions dans le monde, les martyrs chrétiens, entre l’année 30 de notre ère et l’année 2000, seraient au nombre de 70 millions, la majorité auraient été massacrés au cours du 20ème siècle, soit 45 millions de victimes! La fidélité à l’Evangile requiert parfois l’héroïsme et le don total de notre vie. Mais pour ces milliers de personnes, le don de la foi reste le plus important qu’elles n’aient jamais reçu.

Ce don, que nous avons reçu et auquel nous y tenons mordicus, doit être partagé. «Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile! » disait l’apôtre Paul (1Corinthiens 9, 16). Et Benoît XVI de continuer: «Cette parole (de saint Paul) résonne avec force pour tout Chrétien et pour toute communauté chrétienne sur tous les continents… De nombreux prêtres, religieux et religieuses de tous les coins du monde, de nombreux laïcs et même des familles entières quittent leurs pays, leurs communautés locales et se rendent près d’autres Eglises pour témoigner et annoncer le nom du Christ, grâce auquel l’humanité trouve le Salut ».

 

Des actes

Cette parole, cette annonce du Christ se transforme en charité aussi. Au travers de l’action des Missionnaires, l’Evangile se fait « intervention d’aide au prochain, justice envers les plus pauvres, possibilité d’instruction jusque dans les villages les plus perdus, assistance médicale dans les lieux reculés, émancipation de la misère, réhabilitation de ceux qui sont marginalisés, soutien au développement des peuples, dépassement des divisions ethniques, respect de la vie en chacune de ses phases»: c’est toujours l’avis de Benoît XVI dans son message.

En effet la parole de Jésus (Mt 25, 31-46) a toujours inspiré les Chrétiens authentiques à agir pour le bien de l’humanité.

La devise de saint Louis Guanella (1842-1915) était très simple: «Pain et Evangile». Elle peut être le programme de tous les disciples du Christ présents et envoyés dans le Monde entier. Benoît XVI, à la fin de son Message pour la Journée Mondiale des Missions 2012, cite une prière du Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), qui peut être aussi la conclusion de notre réflexion: « Accompagne, ô Seigneur, tes missionnaires dans les terres à évangéliser; met les bons mots sur leurs lèvres; rend leur travail fructueux ».

 

Tonino Falaguasta Nyabenda

Proclamer la vérité

  Numéros on line      

Le 21 octobre 2012 nous célébrons la Journée Missionnaire Mondiale. A cette occasion le Pape Benoît XVI nous a adressé un message que tout chrétien devrait lire et méditer. En effet tous les disciples du Christ sont appelés à diffuser l’Evangile, parole de vérité, dans le monde entier.

Accueil

Editorial

Courrier

Toujours

plus brisé

La fin du monde

La guerre

de l’eau

150 ans

Fondement d’unité

Les missionnaires de la parole

Europe: moteur

à la traîne

Proclamer

la verité

La première église chinoise

Maroc:

le printemps,

est-il aussi pour l’Eglise?

Armes: déçus, mais...

Tchad: agriculteurs

et éleveurs

On cherche

des fautifs

Vademecum