Que leur vie soit racontée

Burundi

En 1972, le Burundi connut une tragédie sans précédent. Des dizaines de milliers de personnes massacrées, surtout parmi la population hutu. «Ce fut une tragédie nationale au cours de laquelle les gens voulurent se faire justice par eux-mêmes. Il y eut cependant des deux côtés un grand nombre de chrétiens qui firent preuve d’un authentique héroïsme religieux... Beaucoup de Hutus refusèrent de participer au carnage et choisirent d’être tués eux-mêmes. De nombreux Tutsis, en particulier des catéchistes (les maîtres et les catéchistes assassinés furent 2.300), sauvèrent des Hutus au risque de leur propre vie…»

 

Rwabaye Siméon

 

Né en 1931 à Butahana, Commune de Mabayi, Province de Cibitoke. Après l’école primaire à Mabayi, il entre au Petit Séminaire à Mugera. Etudes de philosophie et de théologie au Grand Séminaire de Burasira. Il quitte le séminaire et est engagé dans l’administration publique, d’abord à Gitega, puis à Bujumbura, auprès du Ministère des Affaires Sociales, où il est nommé Directeur Général.

Homme d’une foi remarquable, membre du conseil de la paroisse de la cathédrale Regina Mundi de Bujumbura, actif et efficace dans différentes initiatives. Il partage avec son épouse, Berta Ntacimpaye, la présidence du Mouvement de l’Action Catholique pour la Famille (AGI - Agsiyo Gatolika y'Ingo). Cela lui offrira l’opportunité de participer à des rencontres internationales en Afrique, en Europe et en Amérique.

À Bujumbura, on se souvient encore de lui et de la ferveur avec laquelle il animait les conférences et les débats de Carême sur les problèmes de la pastorale familiale (régulation des naissances, divorce, sexualité, etc.)

Au cours des massacres des Hutus en 1972, Siméon Rwabaye est arrêté dans son bureau, le matin du 8 mai. Mais puisque même ses géoliers le considèrent innocent .- ils l’appellent ’le saint homme’ - à l’heure du repas, il est autorisé à rentrer à la maison. Dans l’après-midi du même jour des gens armés, guidés par un de ses subalternes, se présentent à son domicile et l’arrêtent de nouveau. On ne le reverra plus. Il était père de six enfants.