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Que leur vie soit racontée |
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Le 4 octobre 1992, après 27 mois de négociations, un accord de paix fut signé à Rome (Sant’Egidio). Les représentants de la Résistance nationale mozambicaine (Renamo) et du Front de libération du Mozambique (Frelimo) s’embrassèrent, au nom d’un Mozambique meurtri par une guerre de 16 ans, une des plus cruelles qu'a connue l'Afrique et qui a fait plus d'un million de morts, entraîné l'exode de 1.700.000 réfugiés à l'étranger et le déplacement, à l'intérieur du pays de plus de quatre millions de personnes. Le conflit avait opposé le gouvernement du Frelimo, lancé dans une révolution socialiste et politique radicale, et les rebelles de la Renamo qui disposaient surtout de l'adhésion des populations rurales. Un affrontement entre gens de la même famille, fils de la même terre, victimes de deux façons différentes de voir et d’organiser la vie politique et sociale. Si d’un côté, l’athéisme officiel avait créé un climat de suspicion et de persécution, de l’autre, la volonté de s’imposer aux gens finit par produire les mêmes résultats: des catéchistes et des responsables de communautés qui risquaient leur vie, ou leur liberté, pour visiter les chrétiens, baptiser les nouveaux-nés et les malades, célébrer les mariages ou les obsèques, prier et encourager les fidèles dispersés dans l'insécurité.
Dos Santos Tinancha Alfredo
Intinqua Agostinho Joaquim
Mutual Raul dos Santos
Laurindo Magalhães Bonde
Marcelino Alfredo
Parite Cipriano. Deuxième de huit enfants, Cipriano naquit en 1942 à Vantithia, district de Nacala-a-Velha, de Parite, ancien chef traditionnel Metope, et de Anifa. On l'appela Arlindo, du nom d’un employé travaillant dans une entreprise de coton. Une fois sevré, le petit fut confié à une tante, Alima Guarda. Sa mère témoigna: "Quand je me suis mariée j’étais très jeune. Je ne sais pas quel était mon âge, et comme mon mari était musulman, j’adhérai à sa religion, contractant le mariage selon le rite islamique. Mon papa, qui tout en sympathisait avec le christianisme, mais suivait la religion traditionnelle. Avant de mourir, il exprima le désir de me voir chrétienne. J’ai eu huit enfants, trois filles et cinq garçons, mais quatre moururent avant d’atteindre l’âge scolaire. Après la naissance de Cipriano, nous avons quitté Vantithia pour nous transférer à Napano, ville située dans la région de Niegue, à 22 km de Mueria". En 1954, au terme de sa troisième année d’école primaire, Cipriano fut inscrit à l’école de la mission de Mueria, où il commença aussi le catéchuménat. Il y resta jusqu’en 1958. "Après la mort de mon époux – continue sa maman – j'ai mis en pratique le souhait de mon père, et j'ai fréquenté la chapelle de la mission. Au baptême j'ai pris le nom de Laura". Avec le temps, Cipriano se révéla un enfant intelligent, attentif et engagé. De caractère naturellement simple et serein, il était l'ami de tous. À vrai dire, il semblait aimer davantage la catéchèse que l’école. Son désir de connaître la Bible ne fit que grandir. Ceux qui le verront fréquenter par la suite le Centre Catéchétique attesteront qu’il mettait à profit même les pauses pour relire et mieux comprendre la Parole qu'on venait d'expliquer. Cipriano fut baptisé à Mueria le 21 septembre 1957. Ce fut un jour de grande joie: le jeune prêtre qui l'avait baptisé, l'abbé Miqueias, était le premier prêtre mozambicain du diocèse. Cipriano commentait: "Non seulement j’ai été baptisé, mais baptisé par un prêtre de ma terre, de la même peau que nous!" Il reçut la confirmation de Mgr. Manuel Guerreiro le 15 octobre de l’année suivante. Rentré à la maison, il continua à être un chrétien sérieux et appliqué. Sa modération et le refus de se laisser entraîner dans les bagarres, qui éclatent dans les groupes de jeunes même les moins graves, le distinguaient des autres. Aux yeux de certains il passait pour un individu un peu naïf. Un ami de Napano, Agostinho Tupure, nous a raconté: "Lorsqu’on parlait de ce que nous allions faire dans la vie, Cipriano disait: "Si j’arrive à étudier, je veux devenir prêtre". Cipriano avait maintenant l’âge de se marier. Il célébra le mariage selon la tradition avec Amina Momade, fille d’un chef musulman. De cette union naquirent deux enfants dont le cadet, Jacinto sera un jour témoin oculaire du martyr du papa. Un jour, Cipriano proposa à Amina de faire le mariage religieux. La femme était d’accord, mais son père refusa et imposa à sa fille de se séparer de son mari. Amina dira plus tard: "J’aimais bien Cipriano et j’étais même prête à faire le mariage selon sa religion, mais je n’ai pas voulu désobéir à mon père. Notre séparation fut douloureuse; il était un bon mari, il ne m’a jamais frappée. Jamais il ne manquait la messe à la chapelle et il m’invitait toujours à aller avec lui, mais sans faire pression. Il désirait que je l’accompagne toujours». À propos de son fils, Jacinto, elle dira: "Selon notre tradition, après la séparation, cet enfant aurait dû rester avec moi. Mais Jacinto représentait un obstacle pour moi pour trouver un nouveau mari; Cipriano comprit cela et prit l’enfant chez lui, avec sa nouvelle épouse." Il alternait le travail des champs et celui de l’enseignement du catéchisme, soit à Napano où il habitait, soit à Niegue. Après s’être séparé d’Amina, Cipriano vécut pendant un certain temps tout seul. Il se fiança avec Atija Nasema qui, le jour de son baptême prendra le nom de Paula José. "Quand j'ai connu Cipriano et lorsqu’il m’a proposé de devenir son épouse – dit Paula – il était un garçon sérieux et travailleur. Il désirait célébrer le mariage à l’église. J'étais très jeune et j’acceptai. Alors il m’accompagna à la mission pour que je me prépare au Baptême." Ils célébrèrent le mariage le 1er janvier 1967. Paula se souvient: "L’année de notre mariage fut une année d’abondance. Nous avions préparé nos champs et comme ça nous n’avons pas souffert pas la faim. Naquit Lucia, notre première fille. Elle est décédée très tôt, ainsi que Luisa, la deuxième. Ensuite arrivèrent Natália, Rosário, Cécilia, Paulo, Estevão, tous vivants… Le matin et le soir on priait ensemble, avec les enfants, à genoux sur la natte. C’était beau de prier ensemble. Dans toute famille, les malentendus ne manquent jamais. Nos discussions étaient brèves et ne filtraient pas à l’extérieur. On se pardonnait, et on n’a jamais eu recours aux parents pour résoudre nos problèmes. Je ne me suis jamais plainte de lui à mes parents." Cipriano fréquenta à maintes reprises les cours organisés au Centre catéchétique d’Anchilo. Le directeur du centre, après avoir entendu Cipriano parler, commenta: "Vraiment l’Évangile est entré en profondeur dans la vie de cet homme". Avec l’imposition du marxisme, après l’indépendance, commencèrent pour l’Église des années difficiles. Les innombrables contrôles sur les personnes et leurs déplacements d’une part, et les assauts des groupes de la guérilla, de l’autre, obligèrent les prêtres à diminuer les visites aux communautés. Les laïcs les mieux préparés, comme Cipriano, devinrent des animateurs paroissiaux dans le sens plein du mot. Déjà avant l’aube, il se présentait à la mission pour prendre l’Eucharistie et la porter à ceux qui ne pouvaient pas aller au centre, bien avant que les soldats et les guérilleros ne commencent leurs mouvements. Ce service aux chrétiens comportait souvent le risque d’être découvert, battu, et emprisonné. Son zèle était grand. La communauté le reconnaissait et aujourd’hui encore les gens témoignent qu’il était "un homme bon, un homme de cœur". Il savait bien rigoler et badiner, a rappelé le catéchiste Eduardo Assane. Il buvait aussi un verre en compagnie. Mais personne ne l’a jamais vu ivre." Au cours de l’année 1982, à cause de la guerre, de la dégradation économique et de la sécheresse, Cipriano prit la douloureuse décision d’émigrer. Homme dynamique et organisé, il avait, dans un premier temps, essayé de commencer un petit commerce, mais sans succès. Avec sa femme, ses enfants, sa vielle mère, une sœur et d'autres membres de son clan, il se dirigea vers Muthalane, dans le territoire de Matibane. La zone était peu peuplée et la terre assez fertile. Cipriano se déclara disposé à enseigner le catéchisme à la nouvelle communauté d'émigrés, en pleine croissance. Avec l'aide de volontaires, il bâtit une chapelle. Sa parole attirait. Même des musulmans se montraient intéressés par sa prédication. Les premiers épisodes de violence dans la province de Nampula éclatèrent à partir de 1983. Le 20 novembre de cette année, décédait, dans une embuscade, le P. Baptista Alirio. Le 29 août 1984, un groupe de guérilleros arriva au village de Malatane, précédé par la nouvelle qu’il venait de tuer le commandant des miliciens de Miyeneni, sa femme et ses enfants. Ils étaient à la recherche des miliciens et des secrétaires du FRELIMO. Certains habitants du village, parmi lesquels le frère de Cipriano, prirent la fuite. N’ayant rien à craindre, Cipriano décida de rester à la maison avec toute la famille. Paula raconte: "Ce matin-là, mon mari dit qu’il était inutile de fuir, car on ne peut pas fuir la mort. Il disait que si par hasard il était tué, je devais prier pour lui, avec nos enfants. Il semblait savoir ce qui allait lui arriver." En route, les guérilleros avaient capturé Suati, un vieux musulman. Ils l’obligèrent à les conduire à la maison du secrétaire qui était son neveu. Apeuré, le vieux les conduisit jusqu’à la maison de Cipriano. Celui-ci venait à peine de rentrer fatigué de son champ. "C’est toi le secrétaire?", lui demandèrent-ils. "Non, je ne suis pas le secrétaire". "Alors, si tu n’es pas le secrétaire, dis-nous où il habite". "Je ne sais pas", répondit Cipriano. Le secrétaire que les guérilleros cherchaient était le beau-frère de Cipriano, le mari de sa sœur Angela. "C’est toi le secrétaire?", lui demanda encore le chef des guérilleros. "Je n’ai jamais été secrétaire. Si tu veux le savoir, je suis le responsable de la communauté chrétienne qui se rassemble dans cette chapelle." Ils lui demandèrent alors de sortir la Bible. Craignant qu’ils veuillent la détruire, comme les guérilleros faisaient d’habitude, Cipriano leur proposa de l’accompagner jusqu’à la chapelle. "C’est là, dit Cipriano en indiquant le bâtiment, que je fais mon travail religieux". "Dis-moi, alors, qui est le vrai secrétaire ou, du moins, où est son habitation". La maison du secrétaire était à 30 pas de la chapelle. Mais Eliseu Seta, le secrétaire recherché, n’était pas là. Le commandant ordonna à ses hommes de faire un tour dans le quartier et de capturer ceux qui y restaient encore. Les rebelles retournèrent avec quatre prisonniers: parmi eux, il y avait Jacinto, fils de Cipriano et deux miliciens, Meheque et Samuel Revula. "Parmi ceux-ci qui est milicien?" demanda le commandant à Cipriano. Il savait que Meheque et Samuel étaient membres de la milice, mais Cipriano répondit: "Ce ne sont que des jeunes gens, ils ne savent rien de la guerre. Je ne voudrais pas être la cause de la mort de jeunes gens. Si vous voulez tuer, c’est votre affaire." En indiquant Cipriano et Suati, le commandant posa de nouveau la question aux jeunes prisonniers: "Qui parmi ces deux-ci est le secrétaire?" Les jeunes répondirent qu’aucun d’entre eux ne l’était. Mais Suati insista encore une fois: "C’est Cipriano le secrétaire"! Les guérilleros exigent alors de Cipriano, encore une fois, qu’il leur dise où est le secrétaire et où il habite. Cipriano répond qu’il ne le sait pas. Fâché, le commandant donne l’ordre de tuer Suati et Cipriano. Ayant compris les mots dits en portugais par le commandant, Cipriano implore qu’on lui permette d’aller à la chapelle pour prier, avant d’être exécuté. On le lui permet. Suati aussi prie à l’extérieur de la chapelle. Tandis qu’ils prient, les militaires placent en cercle les trois miliciens et Jacinto et disent aux condamnés: "Même s’ils ne sont ni secrétaires, ni miliciens, vous allez voir maintenant". Cipriano et Suati sont exécutés en présence des quatre jeunes, avec des coups de couteaux sur la tête, sur les épaules et à la poitrine. Alors que Suati, grièvement blessé, pourra ensuite s’en sortir, Cipriano décède sur le coup. Les guérilleros s’éclipsent. Après la veillée nocturne, les chrétiens enterrent Cipriano dans une tombe creusée là où il a été tué. Plus tard ils y ont placé une dalle en ciment, surmontée d’une grande croix. Samuel, un des témoins, a raconté: "Cipriano a fait un acte héroïque, dont moi, j’aurais été incapable: refuser de donner une information qui pourrait faire du mal à une personne absente, et cela même au prix de sa propre vie. Je l’apprécie beaucoup. C’est à lui que je dois ma présence ici et toute ma vie".
Patia Joâo Alberto
Wilson Estêvão
GUIÚA
Le Centre de Promotion Humaine de Guiúa fut attaqué une première fois le 13 septembre 1987. "Vers 4h50 on entendit des coups de feu. Les attaquants étaient environ 70. Ils pillèrent la maison des Religieuses d’abord, puis celles des catéchistes. Il y avait là 24 familles, 150 personnes, dont la plupart furent enlevées. Averti par les voisins, le catéchiste Peres Manuel courut vers la maison, pour aider les siens à fuir. Il commença à crier et à supplier de toutes ses forces. Les rebelles réagirent en tirant sur lui. Son corps fut trouvé dans une flaque de sang. Il fut enterré le jour suivant, dans le cimetière de Nhapossa. Malgré l’insécurité, les cours de formation se poursuivirent. À celui de l’année 1992 participaient 15 familles venues de différentes paroisses du diocèse de Inhambane, choisies par les communautés chrétiennes. Le 21 mars 1992, vers 15h00, des coups de feu retentirent, on n’en fit pas cas, c’était entré dans les habitudes, Le soir, il y eut célébration eucharistique ainsi que la cérémonie de présentation des participants au cours. Peu avant 24h00, le Centre de Promotion fut attaqué par des gens armés. Parmi ceux-ci, des garçons de 10 à 15 ans. Ils parlaient xitshwa, gitonga, changane et portugais. Un de leurs commandants s’appelait Antoine. Frappant aux portes des habitations des catéchistes, ils criaient "Ouvrez! Sortez!". Ils tuèrent d’abord deux catéchistes qui avaient tenté de s’échapper, Faustino Cuamba et Carlos Mucuanane. Après avoir cassé les vitres et les moustiquaires des châssis des fenêtres, les bandits entrèrent en criant: «Ligotons ces hommes. Prends ce sac-là, amène-le!» Ils pointaient leurs armes contre les catéchistes. Après les avoir capturés, ils se dirigèrent vers la maison des Sœurs. La porte de la maison, renforcée par une poutre, résista aux coups des assaillants; À ce moment-là, on entendit deux fortes explosions: c’étaient les forces de l’ordre qui tiraient depuis les installations des prises d’eau de la ville de Inhambane. Les attaquants se replièrent en passant devant l’église. Plus tard, on réalisa qu’il y avait trois groupes de bandits qui avaient attaqué le Centre. En effet, tandis qu’un deuxième groupe pillait les habitations, un troisième, avait traversé le petit fleuve Guiúa, pour aller piller le village. Puisque les villageois avaient abandonné leurs cases, il n’a rien trouvé d’intéressant et se dirigea vers le Centre de Santé. Après avoir terminé le pillage, les trois groupes se retrouvèrent sur le terrain de l’école primaire. Ils se déplacèrent alors d’environ 500 mètres et s’arrêtèrent devant une boutique où, pendant près de deux heures, ils torturèrent comme ils voulaient tous ceux qu’ils avaient pris, en leur posant des questions sur leur provenance, leur profession, leur présence à Guiúa, la nourriture, la présence des militaires de l’armée nationale, la route qui mène à leur caserne ainsi que l’emplacement des réservoirs d’eau de Inhambane. Voici le récit de l’interrogatoire, fait par un catéchiste : - Vous venez d’où? Nous ne sommes pas d’ici. Nous venons de différentes missions, d’autres zones de la Province (Vilankulo, Massinga, etc.) - Qu’est-ce que vous faites ici? Nous sommes des catéchistes. Nous sommes venus ici pour apprendre la Bible et le travail des chrétiens dans les communautés. - Où se trouvent les vivres? Nous sommes pauvres comme tout le monde. Ici, il n’y a pas d’entrepôt. On se débrouille chaque jour, selon nos possibilités. - Où se trouve la caserne du Frelimo? Les mines, où est-ce qu’elles sont? Nous ne les savons pas. Nous ne sommes pas d’ici. Ici c’est un endroit de l’église, c’est une mission catholique, un Centre de promotion de catéchistes. - Vous êtes des prêtres? Non, nous sommes des catéchistes. - Combien de temps resterez-vous ici? Nous resterons ici pendant une année. - Où se trouvent les prêtres? Ils se trouvent chez eux, dans leur maison. - Que vous ayez bien ou mal répondu, la sentence est d’ores et déjà connue: la mort! Un bandit me donna un coup sur la tête. Un interrogatoire digne des pages du Martyrologe romain. Les catéchistes confessèrent leur foi, leur activité apostolique et la raison exclusivement religieuse et chrétienne de leur présence à Guiúa. Ils confessèrent, ils ne nièrent pas. D’abord furent interrogées les femmes, puis les hommes. Voyant qu’il faisait jour et déçus de la non-collaboration des gens, les attaquants décidèrent de s’éloigner du village et d’avancer à travers la savane avec tous les prisonniers. Quelques minutes plus tard, ils tuèrent une jeune fille, peut-être pour faire peur au groupe. Puis ils séparèrent 10 jeunes et adolescents du groupe d’adultes et de bébés. Le groupe choisi devait aller avec eux. Aux autres, fut donné l’ordre de ne pas bouger. Après cela, ils dirent à un enfant d’environ six ans: "Cours, va à la mission et dis que nous sommes en train de tuer. S’ils veulent, ils peuvent venir avec les soldats, tout de suite!" Ceci dit, ils commencèrent à tuer. Chaque rebelle tua le prisonnier sous sa garde. Un catéchiste eut le courage de dire: "Prions! Ce que ces gens-là vont faire est clair. Prions, notre jour est arrivé." Et nous avons prié. Les premières personnes arrivées sur place, vers 8h30, trouvèrent une vingtaine de cadavres. Une fille de 15 ans et deux bébés pleuraient au milieu des corps. Le bilan final fut de 23 morts. Les corps furent transportés au dispensaire et lavés. Une grande pluie vint aider les femmes qui s'étaient chargées de ce travail. La pluie surprit aussi les bandits qui, voyant s’abîmer ce qu’ils venaient de voler, s’exclamèrent: "Nous sommes punis, car nous avons tué ces fils de Dieu"! Les funérailles eurent lieu le jour suivant, à l’église paroissiale de Guiúa.
Jamisse Bande Cecilia Née à Conguiane (Inhambane) le 15.08.1951, de Jamisse Bande et Tofo Chaquice. Baptisée le 05.04.1970. Le même jour, elle se maria avec Faustino Cuamba. Quatre enfants. Elle accompagnait son époux dans le travail apostolique de la communauté. Tuée à coups de baïonnette, avec sa fille, Ivone, née le 16.01.1987, baptisée le 09.08.1987.
Cuamba Guirengane Faustino
Foloco Isabel
Mabalane Mafo Luisa
Maniane Joel Leonardo
Manuel Peres
Marrumula Nyakutoe Joaquim
Matsimbe Gina Fernando
Mukuanane Carlos
Mukuanane Susana Carlos
Mukuanane Juvêncio Carlos
Nombora Arnaldo Adolfo
Nombora Zito Adolfo
Nyakule Madalena Arone
Penicela Benedito
Gungave Sevene Deolinda
Sambula Banze Verônica
Sambula Murrombe Catarina
Thepo Albino
Titosse Maria
Valente Fátima |