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Que leur vie soit racontée |
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Les nouvelles du massacre (avril-mai 1994) se diffusèrent rapidement, alors que les épisodes d'héroïsme et de courage étaient passés sous silence. "Au fur et à mesure que la lumière est faite sur les événements, il apparaît clairement que les horribles massacres sont allés de pair avec des épisodes d'un héroïsme incroyable. Le martyrologe rwandais commence à être écrit".
Habyarimana Jean-Baptiste
Gyakumba Jean-Marie Vianney
Mukandanga Dorothy
Niyitegeka Felicitas (Félicité) Soixante ans environ, Felicitas était Auxiliaire de l'Apostolat, à Gisenyi. Elle et ses consœurs avaient accueilli des réfugiés tutsi à la maison. La sachant en danger, son frère, colonel de l'armée à Ruhengeri, lui demanda par téléphone de fuir et d'échapper ainsi à une mort certaine. Felicitas lui répondit: "Frère chéri, Merci de vouloir m'aider. Mais au lieu de me sauver la vie, en abandonnant ceux dont j'ai la charge, les 43 personnes dont j’ai la charge, je choisis de mourir avec elles. Prie pour que nous arrivions chez le Dieu; et dis au revoir à la vieille maman et au frère. Je prierai pour toi, arrivée chez le Dieu. Porte-toi bien. Merci beaucoup de penser à moi. Si Dieu nous sauve, comme nous l'espérons, nous nous reverrons demain. Ta sœur, Félicitas Niyitegeka". Cette lettre, restée sans réponse, a été reçue par le frère de Felicitas le 12 avril, il l'a écrit dans le coin inférieur droit de la lettre. Les jours suivants, elle "a aidé un grand nombre de tutsi à échapper du Rwanda au Zaïre. Elle a opéré sous la protection de son frère, un officier important des forces armées rwandaises. Mais, enfin, elle a été avertie de cesser ses activités et de fuir elle-même". C'est le 21 avril que les miliciens sont venus les chercher au Centre Saint Pierre pour les conduire en camion au cimetière. Félicitas à dit à ses sœurs: "C'est le moment de témoigner. Venez". Elles sont montées dans le camion en chantant et en priant. Arrivés au cimetière où les fosses communes étaient déjà creusées, l'un des tueurs dit à Felicitas: "Toi, tu n'as pas peur de mourir? Tu vas voir que c'est sérieux! Tu seras tuée la dernière". Puisqu'elles étaient des personnes estimées, on les tua par balles... Elles étaient trente. Félicitas fut la 3lème.... "Je n'ai plus de raison de vivre puisque vous avez tué toutes mes sœurs", dit-elle avant d'être assassinée. Avec elle, six autres Auxiliaires de l'Apostolat ont été tuées ce jour-là. Son frère arriva lorsqu'on les avait déjà jetées, déshabillées, dans une fosse commune. Il fit rouvrir la fosse, chercher des vêtements puis il fit enterrer sa sœur. Il dit: "Tu as choisi de mourir; prie pour nous maintenant". Le 12.09.2001, le Conseil des ministres du Rwanda a classé Félicité dans la catégorie des Imena (Braves).
Rugambwa Cyprien et Daphrose
Vincent, de Butare. Il avait 25 ans. Aux milices qui exigeaient sa collaboration dans les massacres: "Prends ce fusil et viens tuer les ennemis. Si tu ne le fais pas, nous te tuerons, car cela prouvera que tu es de leur côté". "Tuez-moi, donc", répondit-il. Ils le tuèrent. "Voici les derniers mots d'un vrai héros de cette guerre terrible |