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Des Pasteurs
"Il y a des gens qui considèrent l'Église catholique comme un seul bloc de pierre, rigide, soumise à un gouvernement absolutiste. Non, l'Église n'est pas monolithique. En effet, Il y a le collège des cardinaux qui sont les conseillers du pape. Au niveau des évêques, on trouve le Synode des Évêques qui est une structure de dialogue et de concertation. Il existe la structure de la "visite ad limina" qui désigne la rencontre qui a lieu normalement tous les cinq ans entre le pape et les évêques qui sont en charge d'un diocèse. Le pape rencontre ainsi personnellement tous les évêques du monde et, comme ils sont nombreux, environ 4.500, il en reçoit en moyenne 800 chaque année. Le pape est aidé par la Curie romaine, ses collaborateurs les plus proches qui se réunissent chaque vendredi pour décider en écoutant l'avis de chacun sur ce qui doit être fait. Quand il a écouté tout le monde, la décision lui revient. Au niveau national, le président de la Conférence épiscopale n'est pas chef d'un gouvernement. Il écoute les évêques, respecte leurs décisions et les met en exécution avec ses collaborateurs. C'est cela la collégialité. Et quand les évêques sont réunis, le président n'impose pas ses vues. Il y a un tour de table, des échanges, de l'écoute et, à la fin, on arrive au vote de manière démocratique. C'est le vote de la majorité. Dans un diocèse, l'évêque peut avoir des auxiliaires avec lesquels il travaille, le conseil presbytéral et le conseil pastoral qui est beaucoup plus représentatif. A ce niveau, il y a l'écoute de chacun et un exercice démocratique du pouvoir. L'Église est donc synodalité (du grec sunodos, assemblée), c'est un chemin où vont ensemble plusieurs personnes, où chacun parle, où chacun écoute. Mais ces personnes ne doivent pas se dérober de leurs responsabilités: pape, évêques, curés (et d'ailleurs tout baptisé), doivent constamment se référer à leur conscience et à l'Evangile.
Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, Archevêque de Kisangani, RDC. Interview groupelavenir.net
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