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BAKANJA ISIDORE
Fils de Iyonzwa et d'Inyuka, Bakanja est né à Bokandela-Mbilankamba, dans la région de Mbandaka, province de l'Équateur, Rép. Dém. du Congo, vers 1880-1890. Il appartient au groupe Boangi, de la grande ethnie Mongo. Encore très jeune, il part à Coquilhatville (Mbandaka), chercher du travail. Il est embauché comme aide-maçon. Petit à petit il se fait une réputation de travailleur intègre et très consciencieux. Il côtoie des chrétiens de Bolokwa Nsimba, une mission ouverte par les pères Grégoire Van Dun et Robert Brepoels, Trappistes, et demande de s'instruire et de devenir chrétien. Le 6 mai 1906, il reçoit le baptême et le jour même, le scapulaire de Notre Dame du Mont Carmel. Le 8 août 1907 il fait sa première communion. Une fois expiré le contrat, Bakanja rentre dans son village. Mais comme il n'y a pas de travail, il se rend à Busira, où il est engagé comme domestique par un blanc de la S.A.B. (Société Anonyme Belge), Reynders, surnommé Lomame. Ici aussi Bakanja se fait apprécier pour ses qualités humaines: travailleur infatigable et sincère. Lorsque Reynders est nommé à un autre poste, Ikili, où il sera l'adjoint de Monsieur Van Cauter, Bakanja accepte de le suivre. Pour Bakanja s'annoncent des jours difficiles. En effet, M. Van Cauter, appelé Longange, est un homme très dur, qui n'aime pas les Africains convertis à la religion chrétienne. Il défend à Bakanja d'enseigner la prière à ses compagnons de travail et lorsqu'un jour il voit le scapulaire que Bakanja porte au cou, il le punit par vingt-cinq coups de chicote. La punition se répétera plusieurs fois, car Bakanja n'est pas chrétien à refuser de manifester librement et ouvertement sa foi. Longange crie, furieux, qu'à Ikili le patron c'est lui et qu'il ne veut pas de chrétiens dans ses plantations. C'est un bon Samaritain qui, horrifié à la vue de ce malheureux couvert de plaies, le recueillit et le conduisit dans son propre village. Voilà son témoignage: "Je vis un homme, le dos labouré de plaies profondes, suppurantes et puantes, couvert de saleté, harcelé par les mouches, s'aidant de deux bâtons pour s'approcher de moi, rampant plutôt que marchant. J'interroge le malheureux: "Qu'as-tu fait pour mériter une telle punition?" Il me répondit qu'étant catéchiste de la mission catholique des Trappistes de Bamanya, il avait voulu convertir les travailleurs de la factorerie et c'est pour cela que le Blanc de Yele l'avait fait fouetter avec une lourde cravache garnie de clous pointus". Isidore reçoit les premiers soins par des gens charitables. Après six mois de souffrances atroces, sa situation empire chaque jour. Le 24 ou le 25 juillet, Bakanja reçoit la visite des missionnaires, les pères Gregoire Kaptein et Georges Dubrulle. Il peut se confesser, recevoir l'onction des malades et la communion. Il leur dit qu'il a pardonné à celui qui lui a fait du mal et qu'il priera pour lui du ciel. Le dimanche, 15 août 1909, les chrétiens se réunissent devant la maison où se trouve Bakanja, à Ngomb'Isongu, dans le Busira, où il a été accueilli par le catéchiste Loleka. Le malade est rayonnant de joie de pouvoir unir sa voix à celle de la communauté. Au grand étonnement de l'assemblée, il se lève et fait quelque pas, en silence, le chapelet à la main. Après il se couche de nouveau. Puis il entre en agonie et s'éteint. Au cou, il a toujours le scapulaire. Trois ans plus tard, en 1912, Van Cauter a été condamné à deux ans de prison. Lorsqu'en 1917 les missionnaires ont fondé la mission de Bokote, ils ont enterré les restes du jeune martyr dans leur cimetière. Bakanja a été béatifié le 24 avril 1994, pendant le synode africain. Mémoire, le 12 août.
TANSI IWENE MICHEL CYPRIEN
Iwene Tansi est né en 1903 à Igboezunu, un petit village du sud du Nigeria, près d'Aguleri. Ses parents, Tabansi et Ejinkwevi, étaient des cultivateurs et suivaient la religion traditionnelle. Leur maison en terre de barre et en paille, où les cinq enfants issus de leur union ont grandi, a disparu depuis longtemps. Le père fut emporté par la malaria en 1910; la mère en 1922, par la variole. Iwene Tansi a étudié à l'école saint Joseph à Aguleri, une ville située sur le fleuve Anambra. Au baptême, reçu le 7 janvier 1912, il prit le nom de Michel. Il termina ses études et à seize ans il commença à enseigner dans la même école. A l'âge de 21 ans, il était nommé directeur de l'établissement. Il y assurait aussi l'enseignement du catéchisme. Poussé par le désir de devenir prêtre, il entre en 1925 au séminaire d'Igbariam. Il poursuivra sa formation au Grand Séminaire d'Ekone et il sera ordonné prêtre dans la cathédrale d'Onitsha le 19 décembre 1937. Jeune curé, il est affecté à la paroisse de Nnewi, où il aide l'abbé Jean Anyogu, le premier prêtre Ibo. De 1940 à 1945, il travaille dans la paroisse de Dunukofia, où il se fait remarquer pour son intelligence et sa méthode, surtout pour son zèle. Il s'occupe, en particulier, de la préparation au mariage des jeunes couples. Il crée deux internats, pour les garçons et pour les filles. Nombreux seront ses étudiants qui entreront au séminaire. L'un d'eux, le futur cardinal Francis Arinze, a été baptisé et a reçu la communion des mains de Michel. De 1945 à 1949, il travaille à Akpu-Ajalli; de 1949 à 1950 à Aguleri. Au fur et à mesure que les années passent, grandit son désir d'embrasser la vie monastique. Son évêque, Mgr Heery, ne voudrait pas le 'perdre'. L'engagement dans la vie pastorale de l'abbé Michel, sa bonté, les kilomètres qu'il parcourt à pied ou en vélo pour visiter les malades, font l'admiration de tout le monde. On se souvient qu'il disait: "Ce n'est pas pour le plaisir que l'Église appelle Père, Mère, Frère et Sœur les gens qui consacrent leur vie à Dieu et à leur prochain. L'Église s'attend à ce que le Père soit un vrai père, pour tous les gens de la paroisse". En 1950, avec l'approbation de l'évêque, il peut finalement entrer au monastère du Mont St. Bernard, à Coalville, en Angleterre. Le 3 juillet de cette même année, il commence le postulat et, le 8 décembre 1953, il émet ses premiers vœux. En 1956, il fait sa profession solennelle et prend le nom de Cyprien. Ici aussi la communauté a la joie d'apprécier son fervent attachement au service de Dieu, sa patience et son endurance… au froid de l'hiver. Quelques années plus tard, les moines de Mont St. Bernard se préparent pour réaliser un nouveau monastère en Afrique. L'endroit choisi est Mbengwi, près de Bamenda, au nord-ouest du Cameroun. Le 30 mai 1963, on établit la liste des moines qui formeront le premier groupe. Le P. Cyprien Tansi est aussi parmi les candidats à la nouvelle fondation. Le départ pour Bamenda est fixé pour au 27 octobre. Mais quelques semaines avant, son état de santé, déjà plutôt inquiétant, s'empire. Le médecin qui le visite le 12 janvier 1964 diagnostique une thrombose à la jambe droite. L'estomac du P. Cyprien, déjà éprouvé par un ancien ulcère, n'accepte plus de nourriture. Transporté à l'hôpital de Leicester, il s'éteint d'un anévrisme à l'aorte, le 20 janvier suivant. Voici ses dernières paroles: "Nous certainement, nous irons à Bamenda"! Il a été enterré dans le cimetière du monastère. Vingt-deux ans plus tard, Mgr Stevan Ezeanya a ouvert officiellement le procès canonique dans l'archidiocèse d'Onitsha. C'est le dimanche 22 mars 1998 que le pape Jean-Paul II, au cours d'une messe célébrée à l'aéroport de Oba, près d'Onitsa, devant une foule de 100.000 personnes, a déclaré Michel Cyprien Tansi Iwene "bienheureux". Parmi les fidèles présents il y avait aussi Philomène Emeka, une femme nigériane guérie d'un cancer terminal en touchant le cercueil du P. Cyprien, lorsqu'en 1986 les dépouilles du bienheureux furent transférées de l'Angleterre au cimetière de la cathédrale Sainte Trinité d'Onitsha. Tous ceux qui l'ont connu confirment que Cyprien a essayé de suivre le Christ d'un esprit sincère. Ainsi qu'en témoigne le P. Emeka Nwosu, postulateur de la cause de béatification, P. Cyprien nous a laissé comme héritage un exemple de "charité ascétique". L'histoire de sa vie est l'histoire d'un amour qui l'a conduit à renoncer aux commodités de la vie et aux privilèges dont il aurait pu disposer, pour "servir" son prochain. Mémoire, le 20 janvier.
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