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SCUBILION (Jean Bernard Rousseau)
Né en France le 21 mars 1797, Jean Bernard était fils d'un casseur de pierres d'Annay-la-Côte, Bernard Rousseau et de Régine Pelletier. Les petits travaux à la maison et le petit troupeau qu'il fallait garder occupèrent toute son enfance. Dans le modeste village de la Bourgogne où vivait la famille Rousseau, il n'y avait pas d'école. Jean Bernard apprit à lire et à écrire à la maison. Désireux de partager ses connaissances, il s'occupa de l'éducation des enfants et de l'enseignement du catéchisme. Lorsqu'il entendit parler de l'existence d'une communauté de Frères de l'Éducation Chrétienne à Auxerre, chef-lieu du département, il demanda d'y entrer. Après dix années d'enseignement dans les écoles élémentaires, en France, il partit en 1833 à l'Île Réunion, où il consacra sa vie à l'éducation des enfants pauvres et à l'assistance des esclaves. On l'appela "le catéchiste des esclaves". Il inaugura des classes du soir pour eux. Après l'émancipation des esclaves, en 1848, il continua à s'occuper des affranchis. Il s'est éteint le 13 avril 1867. Son tombeau est l'objet de pèlerinages ininterrompus. Au cours d'une récollection en 1863 il avait écrit: «Il ne faut pas se décourager, mais faire tout pour la gloire de Dieu. Dire: Je veux aller au ciel. Dieu le veut, Jésus-Christ est mon salut, il est mort et ressuscité pour moi. Amen. Oui, il m'attend au Ciel». Fr. Scubilion a été béatifié à la Réunion le 2 mai 1989. L'Ile célèbre sa mémoire le 20 décembre, fête civile de la suppression de l'esclavage.
DE JACOBIS JUSTIN
Il est né le 9 octobre 1800 à San Fele, un petit village du sud de l'Italie. Il était le septième de quatorze enfants de Jean Baptiste et de Joséphine Muccia, une famille profondément chrétienne. A l'âge de 18 ans, Justin entre dans la Congrégation de la Mission (Lazaristes). Le 12 juin 1824, il est ordonné prêtre. Pendant les premiers quinze ans de sa vie sacerdotale il travaille en Italie méridionale. Jusqu'au jour où il rencontre le P. Georges Sapeto, un missionnaire lazariste rentré d'Ethiopie, qui lui propose de partir en Afrique. "Si mon supérieur me le permet, je suis à ses ordres", répondit le P. Justin. Il est nommé Préfet Apostolique de l'Abyssinie et le 24 mai 1839 il part pour l'Éthiopie et s'installe à Adua. Habillé comme les moines éthiopiens, il étudie les deux langues indispensables: le guèze, employé dans la liturgie, et l'amharique, la langue la plus courante. Les excellentes relations qu'il instaure avec le clergé local et les moines, lui attirent aussi la sympathie des gens. A un groupe des prêtres orthodoxes, qui un jour l'ont invité chez eux, il dit: "Voulez-vous que je reste? Je resterai. Voulez-vous que je m'en aille? Je m'en irai. Voulez-vous que je célèbre la Messe? Je la célébrerai. Vous ne voulez pas que je célèbre la Messe? Je ne la célébrerai pas. Voulez-vous que je prêche? Je prêcherai. Vous ne voulez pas que je prêche? Je ne prêcherai pas. Qui suis-je? Un chrétien de Rome, qui aime les chrétiens d'Éthiopie plus que ses propres frères, plus que sa propre mère". Sa renommée arrive jusqu'à la cour d'Ubié, le prince qui l'a autorisé à rester dans le pays. "Ce missionnaire me plaît, dit le prince; si tous étaient comment lui, j'aimerais remplir l'Éthiopie de gens comme lui". Il lui confie la délégation chargée de demander au patriarche d'Alexandrie la nomination d'un évêque pour l'Église Éthiopienne (orthodoxe). Hélas, ce sera justement l'Abuna Salama (=Père de la paix), le jeune évêque envoyé par Alexandrie, qui mécontent du succès de l'Abuna Yakob (nom tiré de De Jacobis) auprès des gens, exigera son expulsion par le nouveau prince, le Négus Thédore II. Consacré évêque en cachette, Mgr Justin sera arrêté, expulsé et réadmis plusieurs fois. C'est au cours d'un voyage pour rejoindre sa mission d'Alai, que l'Abuna Yakob a cédé à la fatigue. Il s'est éteint le 31 juillet 1860. Il a été canonisé le 26 octobre 1975. Fêté, le 31 juillet.
GERARD JOSEPH
Il est né le 12 mars 1831 à Bouxières-aux-Chènes (France). Entré dans la congrégation des Oblats de Marie Immaculée, il fait sa profession perpétuelle le 10 mai 1852. Après avoir reçu le diaconat de Mgr de Mazenod, en 1853, il part en Afrique du Sud, où son Institut venait de commencer l'activité évangélisatrice au milieu de sérieuses difficultés. Ordonné prêtre en février 1854, le P. Gérard débute son apostolat au milieu du peuple Zulu du Natal. Après des tentatives apparemment infructueuses pour annoncer l'évangile, il est envoyé aux Basotho, qui semblent plus ouverts au Christianisme. Pendant cinquante ans, le P. Gérard parcourt, à cheval ou à pied, les vallées et les montagnes de ce petit royaume, visitant, prêchant, consolant. Sa robuste constitution lui permet d'endurer de grandes fatigues. Les communautés chrétiennes se multiplient. Le P. Gérard continue ses tournées, bien que sa vue soit très affaiblie. Son cheval a appris à s'arrêter devant chaque personne, permettant ainsi au cavalier de la saluer, de reconnaître les gens et de parler. L'Apôtre des Basotho s'éteint le 29 mai 1914, un mois après avoir célébré 60 ans de vie sacerdotale. Il a été béatifié en 1988. Fêté, le 29 mai.
COMBONI DANIEL
Il est né à Limone sul Garda (Italie), le 15 mars 1831, d'une famille très modeste. Accueilli dans l'Institut fondé par l'abbé Nicola Mazza pour "éduquer les jeunes pauvres", il est ordonné prêtre le 31.12.1854. Désireux de se consacrer à l'évangélisation du continent africain, il se rend en 1857 au Soudan avec d'autres missionnaires envoyés par l'Institut de l'abbé Mazza. En réfléchissant sur la mort de plusieurs missionnaires et à la réalité de l'esclavage qui fait encore rage le long du Nil, Comboni conçoit en 1864 un "Plan" pour l'évangélisation de l'Afrique et la création de communautés formées et autosuffisantes. A Vérone, il fonde deux Instituts missionnaires. Voyageur infatigable, il partage son temps entre l'animation des Églises d'Europe et la mise en œuvre de nouvelles missions au Soudan. Le 12 août 1877 il est consacré évêque et nommé Vicaire apostolique de l'Afrique centrale. Sa vision "L'Afrique sauvera l'Afrique" est toujours d'actualité: aux Africains, hommes et femmes, religieux et laïcs, revient la tâche d'annoncer la Bonne Nouvelle à leurs frères. "Inlassable dans la propagation de l'Evangile, il travailla de différentes manières à la promotion de la dignité humaine" (Martyrologe romain). Attaqué par de violentes fièvres, il meurt à Khartoum le 10 octobre 1881. Il a été béatifié par Jean Paul II le 17 mars 1996
et proclamé saint le 5 octobre 2003. Fête, le 10 octobre.
BERTHIEU JACQUES
Il est né le 27.11.1838 à Polminhac, département de Cantal, d'une famille d'exploitants agricoles. Il fut ordonné prêtre du diocèse de Saint-Flour le 21 mai 1864 et nommé vicaire à Roannes-Saint-Mary où il demeura neuf ans. A l'âge de 35 ans, il entra au noviciat de la Compagnie de Jésus à Pau. En 1875, il partit pour Madagascar où il exerça son ministère apostolique, d'abord à l'île Sainte-Marie, puis dans les districts du nord du pays et enfin au poste d'Anjozorofady. Le joug colonial français était mal toléré par les habitants de l'île. Le mécontentement prit corps dans des épisodes de révolte sévèrement réprimés par l'autorité coloniale. C'est ainsi qu'en 1896 éclata l'énième insurrection, destinée tout à la fois à chasser les Européens et à détruire la religion chrétienne. Le P. Berthieu fut pris, battu jusqu'à sang et amené vers Ambiatibé. Il répondait à ceux qui le frappaient: "Moi, je ne combats pas contre vous, je n'ai pas d'armes". Et à l'invitation à renoncer à sa foi, il disait: "Je préfère mourir". Le 8 juin 1896, à la tombée de la nuit, tandis qu'il priait pour ses persécuteurs, il fut fusillé et son corps fut jeté dans la rivière Mananara. Il fut béatifié pendant le Concile œcuménique Vatican II. Il est fêté le 4 février.
DE FOUCAULD CHARLES
Né dans une famille aisée de Strasbourg (France), le 15 septembre 1858. Soldat en Algérie, voyageur, jouisseur, il retrouvera à 24 ans la foi perdue au seuil de l'adolescence. Après un pèlerinage en Terre Sainte et des tentatives de vie consacrée dans la solitude, en Syrie et à Nazareth, il est ordonné prêtre le 9 juin 1901 et, en septembre, se retire en ermite à Béni-Abbès, une oasis de l'Est algérien. "Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu: c'est là qu'on se vide, qu'on chasse devant soi tout ce qui n'est pas Dieu et qu'on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul", écrit-il. Désireux d'annoncer l'évangile aux Touaregs, il se met à l'étude de leur langue et le 13 août 1905, il s'installe à Tamanrasset, dans le Hoggar (Sud-Ouest algérien). Il meurt le 1er décembre 1916, tué par erreur. Par son parcours, sa vie sacerdotale, sa présence au côté de l'Islam, il apparaît comme une sentinelle de la foi, le modèle d'un nouveau chemin d'évangélisation. Combien prophétiques les lignes suivantes qu'il écrivit au début du 20e siècle à propos de la domination coloniale française en Afrique! "Ce que je vois des officiers du Soudan m'attriste: ils semblent des pillards, des bandits, des flibustiers… Dans cet immense empire colonial acquis en quelques années, ce n'est que cupidité, violence, sans nul souci du bien des peuples… Si oublieux de l'amour du prochain commandé par Dieu, notre Père commun, et de la fraternité écrite sur tous nos murs, nous traitons ces peuples non en enfants, mais en matière d'exploitation, l'union que nous leur aurons donnée se retournera contre nous et ils nous jetteront à la mer…" Nombreux sont aujourd'hui ceux qui s'inspirent, dans leur vie, de l'exemple de Charles De Foucauld.
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